Nordmann Roger · Nationalrat · 2022-02-28
Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-02-28
Wortprotokoll
La guerre n'est jamais une bonne solution à un problème. Elle l'est encore moins lorsque le problème n'existe pas: l'Ukraine n'a jamais menacé la Russie, ni récemment, ni par le passé. La Russie n'a pas de problème de sécurité à cause de l'Ukraine. D'ailleurs, le déséquilibre des forces en présence montre que, si jamais cette menace avait une fois existé, la Russie aurait eu dix fois les moyens de se défendre.
M. Poutine, sachez que l'existence d'un pays démocratique - car c'est cela qui vous dérange en réalité - n'est jamais un problème. L'agression territoriale majeure de la Russie contre l'Ukraine est une violation frontale du droit international. Elle est d'autant plus scandaleuse qu'elle est le fait d'un des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
La rhétorique d'une prétendue dénazification est non seulement factuellement fausse, en raison de la nature démocratique et tolérante de l'Etat ukrainien, mais elle est surtout une insulte à la mémoire des millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, en particulier à celle de tous les soldats et civils soviétiques morts dans la lutte contre les armées d'Hitler.
Au mois d'août 2021, le président du Conseil national Andreas Aebi, que je remercie ici, nous a emmenés en Ukraine pour un voyage officiel, afin de soutenir ce pays face aux agressions dont il avait déjà été victime à l'époque. Il s'agissait aussi de soutenir l'action humanitaire remarquable de la Suisse des deux côtés de la ligne de front au Donbass. Pendant que le président Aebi s'exprimait devant le Parlement ukrainien, le jour de la fête nationale ukrainienne, le reste de notre délégation a visité le parc dans lequel se trouvent des monuments en souvenir des terribles combats de la Seconde Guerre mondiale. L'endroit était noir de monde, mélangeant joyeusement des citoyens de langue russe et des citoyens de langue ukrainienne.
M. Poutine, traiter l'Ukraine de pays nazi est une insulte aux 44 millions d'Ukrainiennes et d'Ukrainiens, et sans doute aussi une insulte à la Russie, car l'Ukraine et la Russie ont combattu ensemble les armées de l'Allemagne nazie.
L'agression militaire de M. Poutine contre l'Ukraine est aussi une agression contre nos valeurs européennes de liberté, de démocratie, de pluralisme et de respect des droits de l'homme.
D'un point de vue strictement factuel, c'est la plus grande attaque militaire en Europe depuis l'invasion de la Pologne, de sinistre mémoire, le 1er septembre 1939.
La Suisse doit réagir, et je suis content que le Conseil fédéral ait enfin réagi, mais je regrette la lenteur et l'impréparation.
Contrairement à ce que le groupe UDC affirme, il n'y a pas d'opposition entre sanctions et bons offices: il faut les deux. (Applaudissements partiels)