Lexipedia

Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · 2022-03-01

Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-03-01

Wortprotokoll

Mon postulat vise à clarifier les différentes formes de soutien dont bénéficient les sportives et les sportifs qui représentent la Suisse à des manifestations sportives d'envergure - les Jeux olympiques et paralympiques sont d'actualité. Ma démarche s'inscrit dans le prolongement d'une discussion avec une sportive sélectionnée dans l'équipe nationale de hockey, qui est sur les patins depuis l'âge de cinq ans et a participé aux Jeux olympiques d'hiver de Pékin. Elle a même eu le bonheur et la fierté de ramener une médaille olympique de bronze de Sotchi à l'époque!

Chers collègues, pour éviter toute incompréhension ou confusion, je vais préciser ce que je ne demande pas.

Je ne souhaite pas augmenter les moyens mis à disposition dans le cadre du dispositif de financement public en faveur du sport d'élite; je ne souhaite pas étatiser le soutien financier au sport et encore moins interférer dans les dispositifs de soutien privé aux sportives et aux sportifs. Comme je l'ai expliqué dans le développement de mon intervention, dans l'étude publiée en juin 2021 relative au sport d'élite en Suisse - qui est d'ailleurs très intéressante, que je vous recommande -, il est écrit: "le financement du sport d'élite suisse est très complexe". Ainsi, pour les sports d'équipe ou collectifs, entre le club en sa qualité de principal employeur, entre la fédération nationale ou encore les diverses sources de financement, il arrive régulièrement que la famille ou l'entourage doivent pourvoir de manière significative à l'équilibre du budget.

J'admets tout à fait, Madame la conseillère fédérale, que la pratique d'un sport au niveau de l'élite relève d'un choix personnel. Toutefois, si je demande une étude concernant les aides financières, c'est pour m'assurer qu'il n'y a pas de sélection économique des talents et que l'on comprenne mieux les flux financiers notamment entre Swiss Olympic et les fédérations ou entre les fédérations et les clubs. L'étude indique à la page 31: "Garantir un soutien durable pour s'assurer le succès est un véritable défi pour les nations, car cela suppose de prendre soin de leurs athlètes."

En fait, je ne souhaite aucunement que les pouvoirs publics ou les financements publics biberonnent les athlètes avec exclusivement de l'argent public, mais par contre, je souhaite comprendre si effectivement, et l'exemple que j'ai cité semble l'attester, certains sportifs, certaines sportives d'élite, éprouvent des difficultés financières pour pouvoir participer à des manifestations d'envergure. Ainsi, j'ai pris l'exemple d'une hockeyeuse qui évolue en équipe suisse. Cette dernière n'a souvent - et ce n'est pas une seule personne à titre d'exemple, plusieurs hockeyeuses sont dans la même situation - pas la possibilité, comme ses homologues masculins, de participer au championnat de National League en Suisse, et si elle évolue à l'étranger avec une modeste indemnité, elle ne bénéficiera pas des dédommagements que la fédération payerait à son club.

Selon les informations portées à ma connaissance, les indemnités versées par la fédération sont pour le moins modestes. Nous pouvons prendre les exemples suivants: six jours pour un camp d'entraînement à Bâle reviennent à 250 francs globalement, tandis que 24 jours à Calgary représentent 1500 francs d'indemnités, et je passe sur le marathon pour participer aux différentes sélections.

Afin d'éviter une étude d'une trop grande ampleur et de surcharger possiblement l'administration, je me suis renseignée auprès de Matthias Remund. Je propose de cibler l'étude sur les catégories 1 à 3 de la classification des sports établie par Swiss Olympic, classification qui est un instrument de pilotage reconnu dans le domaine.

A l'instar de la réponse du Conseil fédéral, je veux bien considérer que le sport d'élite repose avant tout sur le droit privé et que le revenu des athlètes dépend du potentiel de commercialisation du sport qu'ils pratiquent. A ce sujet, je me réjouis que l'image du sport féminin progresse, progresse lentement. Si nous sommes encore loin d'une égalité entre les primes et les gains, un rattrapage est en cours; c'est presque mieux que "l'immobilisme en route" que mentionnait notre collègue Français hier, mais ce n'est pas le sujet prioritaire de mon postulat.

J'ai pris note, Madame la conseillère fédérale, que le Conseil fédéral mentionne également que les pouvoirs publics ont pour mission de soutenir le sport d'élite dans son ensemble en mettant en place des prestations de soutien et des instruments d'encouragement subsidiaires, auxquels tous les athlètes ont accès dans une même mesure. Si tout devait être aussi efficace, aussi adéquat et adapté que ce que vous mentionnez, le rapport sera rapidement documenté et il lèvera le doute sur des incompréhensions ou sur des sentiments de manque de soutien pour les jeunes, pour leurs familles. Ce sera peut-être alors auprès de Swiss Olympic, auprès de la fédération ou des clubs sportifs qu'il conviendra d'agir.

Je vous remercie d'apporter votre soutien à ce postulat.