Vara Céline · Ständerat · 2022-03-14
Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2022-03-14
Wortprotokoll
Je vois la candidature de la Suisse pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU comme une opportunité qui s'inscrit dans notre désormais très longue tradition du multilatéralisme. Le mandat que la Suisse aura au sein de ce conseil est conforme à l'engagement et aux bons offices de la Suisse en matière de politique de paix. Nous pouvons apporter notre longue expérience et notre crédibilité en matière de promotion de la paix au bénéfice de la communauté internationale. Avec sa candidature, la Suisse veut non seulement rappeler son travail en matière de politique de paix, mais aussi son engagement en faveur du droit international humanitaire, des droits de l'homme et, bien évidemment, ses efforts pour mettre en oeuvre l'Agenda 2030 pour le développement durable.
Contrairement à ce que l'on a pu entendre ces derniers jours de la part des opposantes et opposants à ladite candidature, la Suisse pourra continuer à exercer pleinement sa neutralité au Conseil de sécurité.
En effet, le Conseil de sécurité n'est pas partie aux conflits au sens du droit de la neutralité. Son mandat consiste à [PAGE 140] maintenir la paix et la sécurité dans le monde. Au vu de la récente escalade armée en Ukraine, qui nous occupe depuis plus deux semaines, cet objectif primordial - maintenir la paix et la sécurité dans le monde - devrait résonner encore plus fortement à nos oreilles. Dans ce contexte de polarisation, la neutralité est un avantage et non un obstacle. La Suisse peut jouer un rôle de bâtisseur de ponts. D'ailleurs, par le passé, d'autres Etats neutres et non-alignés, comme l'Autriche, la Suède ou l'Irlande, ont été à plusieurs reprises membres du Conseil de sécurité.
J'aimerais rappeler que les membres non permanents jouent souvent un rôle déterminant dans les décisions importantes, par exemple lorsque le Conseil de sécurité a autorisé, en 2019, le déploiement d'une mission de l'ONU pour surveiller le cessez-le-feu autour de la ville portuaire de Hodeïda au Yémen ou lorsqu'il a approuvé, en 2021 et à l'initiative de la Norvège et du Niger, une résolution pour promouvoir la protection de l'éducation dans les conflits.
Le Conseil de sécurité est l'organe le plus important au niveau mondial dans le domaine de la promotion de la paix et de la sécurité internationales. Malgré une forte polarisation, le Conseil de sécurité adopte entre 50 et 70 résolutions par an. Il s'agit notamment des missions politiques et de maintien de la paix des Nations Unies, grâce auxquelles plus de 100[NB]000 casques bleus et experts civils sont déployés sur les cinq continents.
Je crois qu'il est grand temps de rappeler que l'ONU a été créée après la seconde guerre mondiale pour "maintenir la paix et la sécurité internationales". Cet objectif, qui correspond à la Constitution fédérale suisse, n'a pas été atteint à ce jour. Selon l'ONU, le nombre de pays en conflit est d'ailleurs à son plus haut niveau depuis 30 ans.
C'est pourquoi je vous invite à soutenir la candidature de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU en rejetant la motion de notre collègue Chiesa. Pour atteindre l'objectif de paix et de sécurité, les organisations multilatérales comme l'ONU sont actuellement plus importantes que jamais.