Juillard Charles · Ständerat · 2022-06-02
Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-06-02
Wortprotokoll
Beaucoup de choses ont été dites. Si j'ai quand même souhaité prendre la parole, notamment après M. Olivier Français, c'est pour montrer que le problème de la sécurité nationale, de la défense nationale, n'est pas qu'une affaire de Suisses alémaniques, mais qu'il concerne l'ensemble du pays et que la Suisse romande se sent aussi concernée par les débats que nous tenons aujourd'hui.
Alors, Mesdames et Messieurs, je vous invite à adopter la motion que propose votre commission, même si je peux reconnaître que le texte n'est pas tout à fait parfait.
L'armée a besoin de moyens supplémentaires, après deux décennies de réduction et de priorisation. Il ne s'agit pas d'une carte blanche, mais d'une volonté politique de moderniser les moyens de l'armée dans une situation géopolitique qui a totalement changé depuis le 24 février 2022. Il y a une nécessité de rattrapage, et les moyens nécessaires sont connus. Je peux comprendre la frustration de M. Kuprecht après tant d'années passées à la Commission de la politique de sécurité et je parlerai des documents auxquels il a fait référence sur la planification du développement des forces terrestres, du développement des forces aériennes ou de la cyberdéfense. Je crois que nous avons en main tous les éléments qui permettent de savoir où nous devons aller, où nous [PAGE 356] pouvons aller, et où la situation géostratégique nous contraint d'aller.
Il s'agit donc de rendre l'armée capable de remplir ses missions, y compris celle de défense. Il s'agit, surtout, de la rendre capable de coopérer avec ses voisins. Il s'agit donc, avec cette motion, d'accélérer la mise en oeuvre de ces projets. Il appartiendra au département, mais aussi au Conseil fédéral, de conduire le plus rapidement possible ces projets et de les poser sur la table des Chambres fédérales pour que celles-ci puissent dire ce qu'elles en pensent et si possible, les soutenir - ce que nous ferons certainement. Il s'agit autant d'investissements que de coûts de fonctionnement. Il faudra aussi certainement tenir compte des enseignements ou du moins des premiers enseignements de la guerre en Ukraine, car il y a là un certain nombre de paradigmes que l'on croyait d'une autre époque, notamment les guerres de tranchées qu'on croyait ne plus jamais voir. Aujourd'hui encore, c'est dans les tranchées que l'on gagne du terrain, que l'on gagne ou que l'on perd une guerre.
Je disais que le texte n'est pas parfait, car il mentionne le chiffre de 1 pour cent du PIB. Il faut cependant comprendre cela comme un objectif à atteindre. Vous l'avez dit: le PIB évolue en permanence et les moyens à procurer devraient s'en approcher.
On imagine passer d'un montant actuel de 5 milliards à environ 7 milliards de francs vers les années 2030. Cela sera possible d'y parvenir, j'en suis convaincu, même sans couper ailleurs dans les politiques publiques, grâce précisément à l'évolution du PIB, qui n'a cessé de croître ces dernières années. Nous resterons très loin des exigences fixées par l'Otan qui, je le rappelle, enjoint ses membres d'atteindre 2 pour cent du PIB, ce qui signifierait, pour nous, de consacrer environ 15 milliards à la défense. Nous en sommes encore très loin.
A l'instar du Conseil fédéral et de votre commission, je vous propose de soutenir cette motion.