Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2022-06-02
Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2022-06-02
Wortprotokoll
Le déchet: on n'aborde toujours cette thématique qu'à moitié, car elle représente souvent une certaine honte. Et il y a de quoi! Avec plus de 700 kilos par personne et par an, la Suisse produit beaucoup trop de déchets. Les emballages jetables représentent à eux seuls environ un tiers de ces déchets. C'est le reflet évident d'une société qui consomme et jette toujours plus. La consommation mondiale a d'ailleurs été multipliée par plus de trois depuis 1975 et elle continue d'augmenter. Il faut sans aucun doute combattre ce problème à la source, c'est-à-dire réduire drastiquement les déchets et miser à terme sur une société à zéro déchet.
Zéro déchet: cela représente certainement un changement de mentalité, mais correspond aussi au changement d'un cadre légal. La responsabilité est évidemment aussi collective. La motion demande au Conseil fédéral une chose toute simple: interdire la vaisselle jetable à usage unique dans la restauration à l'emporter sur la base de l'article 30a de la loi sur la protection de l'environnement. L'interdiction ne devrait pas uniquement s'appliquer aux récipients jetables en plastique, mais aussi aux matériaux de substitution, tels que le carton ou les matériaux compostables. L'objectif est assez simple: les récipients et couverts réutilisables doivent devenir la norme dans la restauration à l'emporter.
On le sait: en Suisse, des centaines de milliers de repas sont consommés chaque jour dans des récipients jetables. Après une courte période d'utilisation, les assiettes, bols et couverts finissent à la poubelle, s'ils ne sont pas abandonnés dans la nature. Tous les déchets doivent être questionnés, car le problème majeur réside dans leur principe même.
Pour ce qui est du bilan environnemental, la vaisselle jetable fabriquée à partir de matériaux de substitution n'est généralement pas plus avantageuse que la vaisselle en plastique. Lorsqu'il s'agit de déchets, elle est tout aussi problématique pour les espaces publics et pour l'environnement. Ainsi, la collectivité publique et les citoyens assument, à travers leurs impôts, cet excès de déchets produits principalement par la restauration rapide.
Au coeur de cette demande se trouve, bien sûr, toute la question de la lutte contre le "littering" engendré par ces objets qui ont une durée de vie extrêmement courte, avant de souvent finir dans la nature, quand ils ne débordent pas des poubelles, sans parler des microplastiques qui finissent dans nos cours d'eaux. Ainsi, 50 tonnes de déchets en plastique se déversent dans les eaux du Léman chaque année, soit l'équivalent d'un million de flacons de gel douche.
On le sait, il existe des alternatives au tout jetable. De plus en plus de points de vente proposent eux-mêmes du matériel réutilisable contre un dépôt. La plupart d'entre eux acceptent aussi des récipients qu'on apporte avec soi, s'ils sont propres et de taille appropriée.
Dans l'Union européenne, la nouvelle directive relative à la réduction de l'incidence de certains produits en plastique sur l'environnement fixe un calendrier ambitieux sur le plan européen pour réduire la consommation de récipients jetables dans le secteur de la vente à emporter dans les Etats membres. Alors, que fait la Suisse? Veut-on vraiment que notre pays devienne la montagne de déchets de la vaisselle jetable de l'Europe? Notre pays a exercé un rôle moteur dans [PAGE 900] le recyclage au niveau européen. Pour ne pas se faire dépasser - ce qui est en train d'arriver -, il est désormais temps d'empoigner le problème des déchets à la racine en devenant un exemple de la réduction des déchets.
Je vous remercie de faire bon accueil à ce texte.