Buffat Michaël · Nationalrat · 2022-06-15
Buffat Michaël · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-06-15
Wortprotokoll
La Commission des institutions politiques s'est réunie le 24 février de cette année afin de traiter l'initiative parlementaire Molina, qui vise à modifier le préambule de la Constitution pour supprimer l'invocation divine.
La commission vous invite, par 14 voix contre 6 et 2 abstentions, à ne pas donner suite à l'initiative.
C'est un débat qui revient régulièrement, que ce soit au niveau fédéral ou au niveau cantonal. Je relève qu'un certain nombre de cantons et d'autres Etats font référence à une entité supérieure dans leur constitution. D'ailleurs, le préambule avait été largement accepté à la fin des années 1990 lors de la révision de la Constitution fédérale. Il est également important de relever que le préambule n'a pas de valeur légale.
La Constitution fédérale trouve son origine dans les pactes du Moyen Age, y compris notre Pacte fondateur de 1291, qui fait également référence à Dieu. Qu'on s'y reconnaisse ou qu'on ne s'y reconnaisse pas, cela n'exclut personne et fait référence à une histoire plus ancienne que la Suisse moderne. Avec ce préambule, nous voulons ainsi exprimer qu'aucun roi ni aucun parti ne détient le pouvoir suprême en Suisse. Cela a un rapport avec l'humilité. Nous voulons ainsi appeler à la modestie. Il est important que nous soyons conscients en tant qu'êtres humains que nous n'avons pas l'autorité, que nous ne possédons pas l'autorité ultime. Il n'est pas opportun, sous couvert de laïcité, de chercher à effacer toute trace de notre histoire qui pourrait faire référence à Dieu. Peut-être que demain on nous proposera de supprimer la croix des armoiries fédérales.
Pour la majorité de la commission, ce préambule n'est pas ressenti comme une obligation faite au citoyen de croire en Dieu ou comme une exclusion, mais plutôt comme un aveu que notre texte constitutionnel ne peut pas être la référence absolue de l'organisation de nos vies, et qu'il existe quelque chose au-dessus ou ailleurs.
C'est ainsi que nous vous invitons à ne pas donner suite à cette initiative.