Lexipedia

Weber Céline · Nationalrat · 2022-06-15

Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2022-06-15

Wortprotokoll

Lors d'un débat qui s'est tenu durant la préparation des élections cantonales vaudoises, un député du Parti socialiste, le même parti qui nous propose aujourd'hui de plafonner à 10 pour cent du revenu la part consacrée au payement des primes d'assurance-maladie, avait tenu ces propos: "Depuis que, dans le canton de Vaud, on a plafonné à 10 pour cent du revenu les primes d'assurance-maladie, on ne parle plus du problème de la hausse des primes, car le problème a été résolu." Vous avez bien entendu: le problème a été résolu! La magie vaudoise! Mais comment peut-on oser prétendre que la hausse constante des primes est résolue comme par magie grâce à un plafonnement à 10 pour cent, le reste étant pris en charge par le canton?

Pour que l'Etat puisse payer la part des primes qui dépasse 10 pour cent du revenu, il faut d'abord qu'il aille chercher l'argent ailleurs, notamment auprès de la classe moyenne. La classe moyenne se retrouve ainsi à payer non seulement ses propres primes mais également celles des autres. A l'heure où tout augmente, la classe moyenne appréciera la facture. Alors peut-être me direz-vous que la classe moyenne peut bien consentir à faire cet effort, si cela permet de contenir la hausse des coûts? C'est bien sûr là que le bât blesse. Car cette initiative, qui a pour conséquence une déresponsabilisation aussi bien des patientes et des patients que des prestataires, ainsi que des cantons, ne fonctionne pas et n'est pas une solution à la hausse des coûts.

En effet, pourquoi s'inquiéter de la hausse des coûts de la santé, et donc, des primes, quand vous savez que de toute façon ce sont les autres qui paieront pour vous? Comment peut-on espérer juguler la hausse des coûts de la santé en proposant un système qui s'apparente à ce point à un trou sans fond? Et, enfin, que fera-t-on le jour où les coûts de la santé auront tellement augmenté que même les ressources des collectivités publiques ne suffiront plus à les payer? Va-t-on alors instaurer un système de médecine à deux vitesses, ce type même de médecine dont personne ne veut, ni les initiants ni le reste de la population?

Vous l'aurez compris, se contenter de renvoyer le problème de la hausse des primes à la Confédération en ponctionnant au passage la classe moyenne, comme le souhaitent les initiants, n'apporte aucune solution financière durable, c'est pourquoi je vous demande de rejeter l'initiative en faveur du contre-projet.