Cottier Damien · Nationalrat · 2022-06-16
Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2022-06-16
Wortprotokoll
Le capitaine doit rester calme dans la tempête. C'est clair, tous les groupes politiques l'ont dit aujourd'hui: la situation des prix inquiète et pose des difficultés à notre population, aux entreprises aussi, notamment les plus petites d'entre elles.
La crise du Covid-19 a été suivie par la crise ukrainienne ou la crise de sécurité, ce qui pose des problèmes pour la stabilité des prix. Cela concerne en particulier les prix de l'énergie, et pas seulement ceux du carburant et des combustibles dont on a parlé aujourd'hui, mais aussi les prix de l'électricité et d'autres sources d'énergie. Et puis, on en a moins parlé, aujourd'hui cela concerne les prix des denrées alimentaires, au niveau mondial, ce qui pourrait d'ailleurs générer la prochaine grave crise internationale, avec de vraies difficultés d'approvisionnement ou d'accès aux aliments dans certaines régions, pas si lointaines, de la planète. C'est un point sur lequel nous devrons rester extrêmement attentifs.
Cette situation qui inquiète implique donc que nous nous posions les bonnes questions et que nous y soyons attentifs. C'est ce que le groupe libéral-radical a demandé au Conseil fédéral de faire parce que, je l'ai évoqué, certains ménages souffrent des augmentations de prix, et certaines petites et moyennes entreprises ainsi que certains artisans aussi. Je suis président de l'Union cantonale neuchâteloise des arts et métiers. Je parlais l'autre jour avec un artisan qui me disait être en train de renégocier son contrat d'électricité pour les trois prochaines années et qu'il devait compter sur une augmentation de 13[NB]000 francs annuelle de ses frais. Oui, il y a des difficultés, et en l'occurrence en ce qui concerne l'électricité. Ce sont des difficultés très concrètes et réelles.
Mais, comme l'ont dit plusieurs orateurs à la tribune, dans un marché libre, dans une économie libérale, les prix fluctuent et l'Etat n'a pas systématiquement à intervenir pour les réglementer. Donc, le groupe libéral-radical suit évidemment avec attention la situation. Il constate aussi qu'il faut rester calme dans la tempête. Certains ont cité beaucoup d'exemples à l'étranger - même si ce n'est pas fréquent que les personnes issues des rangs en question citent des exemples de l'étranger -, or il faut les citer complètement. La situation est bien différente et, heureusement, bien meilleure dans notre pays que dans de nombreux autres pays.
L'augmentation des prix est beaucoup plus faible ici - même si le taux d'inflation a augmenté ces dernières semaines - que dans de nombreux pays; on parle souvent d'un facteur de 1 à 3. Notre situation économique est donc bonne et reste bonne. Par ailleurs, les dépenses en énergie représentent ici une part moindre du panier des ménages que dans de nombreux autres pays. Et heureusement, l'emploi se porte aussi bien dans notre pays, ce qui n'est pas le cas partout.
Dans cette situation, il faut continuer à observer, être prêt à prendre des mesures si nécessaires, mais surtout, et c'est le rôle de notre Parlement, il faut prendre des mesures structurelles, à moyen et long terme, pour que notre économie reste compétitive. Il ne faut pas céder à la panique en décidant des mesures hâtives qui ont des effets secondaires négatifs - nombre d'entre eux ont été évoqués aujourd'hui -, des mesures visant à maîtriser les prix, ce qui peut conduire à faire augmenter l'inflation, comme certaines des mesures qui sont proposées aujourd'hui!
Toutes les solutions ne doivent pas venir de l'Etat. C'est aussi la société qui doit être résiliente, les entreprises comme les ménages. C'est en tout cas notre conviction. Nous avons demandé au Conseil fédéral de préparer des mesures ciblées, efficaces et limitées dans le temps, au cas où il y aurait besoin d'intervenir et surtout, de préparer des mesures d'allégement à moyen ou long terme. Mais surtout pas des mesures ponctuelles qui ont cet effet arrosoir si souvent évoqué aujourd'hui!
Sur la base de ces propositions, le Conseil fédéral a réagi, il a institué un groupe de travail et nous, Parlement, nous devons concentrer notre activité sur des mesures structurelles à long terme, sur des réformes fiscales comme celles de la TVA, de l'imposition individuelle ou de la correction de la progression à froid, sur des mesures dans le domaine de la digitalisation de la société, sur l'impôt anticipé - une votation importante; bref, sur des mesures structurelles profondes qui maintiendront la bonne compétitivité de notre pays.
Le Conseil fédéral doit quant à lui prendre les mesures à son niveau et faire des propositions plus ponctuelles. Et, cela a été dit, la Banque nationale doit aussi prendre son mandat au sérieux, comme elle en a montré un signe aujourd'hui.
Pour toutes ces raisons, le groupe libéral-radical a retiré son projet de motion, Mme Schneeberger l'a dit tout à l'heure, et il ne soutiendra pas les propositions déposées aujourd'hui, qui sont de toute manière de nature purement déclamatoire puisque, comme vous l'avez vu, le Conseil des Etats a refusé des propositions qui vont exactement dans le même sens.