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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2022-09-29

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-09-29

Wortprotokoll

Je vais être honnête avec vous: je n'en veux vraiment pas au Conseil fédéral de proposer le rejet de ce postulat, puisqu'il l'a fait avant la crise du pouvoir d'achat que l'on vit aujourd'hui. Il ne pouvait pas deviner qu'aujourd'hui ce postulat serait plus pertinent qu'il ne l'était par le passé.

Toutefois, les choses ont changé. Aujourd'hui, de nombreux ménages se demandent comment ils vont finir le mois. Aujourd'hui, il devient de plus en plus difficile de prévoir l'avenir pour de nombreuses catégories de familles. Mais dans le même temps, on annonce que la perte de pouvoir d'achat sera finalement extrêmement faible pour certains ménages. Cette différence est relativement incompréhensible pour une grande partie de la population.

Pourquoi? Parce que, en réalité, on ne dispose pas de chiffres différenciés en fonction des catégories de ménages. On n'a aucune projection sur l'évolution future du niveau des richesses et des différents ménages qui composent la Suisse. Alors on utilise des moyennes: on utilise le PIB par habitant; on utilise l'indice des prix à la consommation, des valeurs générales qui, finalement, ne s'appliquent à personne. Mais la réalité du terrain, ce sont les différentes classes de ménages, ce sont les personnes qui ont de la peine à boucler leurs fins de mois, parce[NB]que[NB]la[NB]hausse[NB]de[NB]certains[NB]biens[NB]les[NB]touche plus que d'autres.

Dans ces conditions, accepter ce postulat, c'est demander au Conseil fédéral d'avoir non seulement une vision historique de la situation, comme il l'indique dans son avis, mais aussi une vision prospective de l'évolution de la situation des ménages. C'est fondamental, parce que quand on parle de la situation des ménages, on parle du bien-être de chacune et de chacun des habitants de ce pays. Sans une base d'information solide pour déterminer le bien-être de la population, et particulièrement de la classe moyenne, nous avançons les yeux fermés.

Ce n'est pas responsable, parce que demain, nous devrons comprendre comment trouver des mécanismes qui permettent à chaque ménage actif d'avoir de quoi vivre décemment. Il est nécessaire que nous ayons des données qui nous permettent d'étudier ces ménages et notamment l'évolution de la répartition des richesses.

Il est d'ailleurs intéressant de savoir que, même si la croissance est positive, il est possible que plus de la moitié de la population, au lieu de bénéficier de cette croissance, perde en pouvoir d'achat; parce que d'autres personnes, dans les circonstances actuelles, peuvent s'enrichir à un rythme plus rapide que la croissance elle-même.

Ces informations sont simples à obtenir, mais nécessitent une action des pouvoirs publics ou d'instituts de recherche pour être établies, ainsi que la crédibilité de ces institutions pour servir de base non seulement aux décisions politiques que nous devons prendre, mais aussi aux décisions que prennent par exemple les partenaires sociaux lors des négociations salariales.

Je vous invite donc à soutenir ce postulat pour demander à la Confédération de faire des analyses de prospective par scénarios, qui nous permettraient enfin de savoir ce que nous ne savons pas aujourd'hui, c'est-à-dire comment se passera l'évolution du pouvoir d'achat pour différentes catégories de ménages en fonction des revenus et comment se répartit la richesse produite dans notre pays en fonction des types de revenus, qu'ils soient ceux du travail ou ceux du capital. Ce ne sera qu'avec ces informations que nous serons capables ensuite de déterminer quelles seront les bonnes politiques publiques à mener. En refusant d'avoir les bons chiffres pour faire nos analyses, finalement, nous nous engageons à légiférer sans savoir. Or, légiférer sans savoir - vous le savez -, c'est mal légiférer.

Je vous invite donc à soutenir ce postulat pour que nous puissions savoir comment faire et enfin nous battre pour le pouvoir d'achat des ménages et pour des politiques qui servent à la population aussi.