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Andrey Gerhard · Nationalrat · 2022-11-29

Andrey Gerhard · Nationalrat · Freiburg · Grüne Fraktion · 2022-11-29

Wortprotokoll

Ces dernières semaines nous avons entendu parler de nombreuses fois de ces nuages sombres qui s'annoncent dans le ciel financier. Nous connaissons bien les lamentations rituelles. Du point de vue du groupe des Verts, elles sont ambiguës et aussi un peu hypocrites, surtout lorsqu'elles sont entonnées par celles et ceux qui, par leurs décisions, ont le plus contribué à ce que la Suisse se dirige vers un déficit structurel inconfortable.

Cette année, nous avons pris deux décisions fatales en matière de politique financière. La première a été la décision d'augmenter massivement le budget de l'armée. La guerre d'agression en Ukraine est terrible, la violation flagrante du droit international doit être fermement condamnée, la population ukrainienne mérite notre solidarité sans faille. Réagir par un réarmement militaire massif en Suisse est la chose la plus erronée que nous puissions faire. La deuxième décision fatale de cette année en matière de politique financière a été celle de la réduction de la dette Covid. Nous aurions eu la possibilité de compenser au moins la moitié des milliards de la dette par le biais du compte qui porte déjà son nom: le compte de compensation. Mais la majorité du Parlement en a décidé autrement. Elle a voulu que toute la dette soit traitée comme une perte reportée. Sans nécessité, elle a provoqué le fait que nous devrons réaliser un bénéfice net de près de 2 milliards de francs par an en moyenne au cours des 14 prochaines années, afin d'éliminer la charge du compte d'amortissement, et cela à une époque où d'immenses tâches nous attendent: la maîtrise de la crise climatique; la sauvegarde de la biodiversité et donc de nos bases vitales; la sécurité sociale, qui est menacée pour une part toujours plus grande de la population.

De manière générale, nous parlons trop rarement des recettes lors de la planification financière. Même lors de l'examen du budget en commission, qui a duré plusieurs jours, il en a rarement été question, et cela seulement de manière très ponctuelle. Nous avons entendu dire que la TVA allait augmenter. Nous avons entendu dire que l'abolition des droits de douane sur les produits industriels pourrait être reportée. Je rappelle que le groupe des Verts n'aurait pas voulu les supprimer, mais les transformer: plus la production est durable et respectueuse des ressources, plus la taxe doit être faible - et inversement.

Je rappelle également qu'il existe des instruments pour garantir les recettes, comme l'impôt sur les successions. Mais la politique fédérale actuelle est malheureusement éloignée d'une telle politique financière, une politique financière qui s'engage pour un environnement intact et une société équitable. La majorité semble préférer ne pas avoir de dettes sur le papier, mais risquer de laisser aux générations futures, en guise d'hypothèque, une planète et un environnement malmenés.

Néanmoins, le groupe des Verts approuvera le budget 2023. Mais nous encourageons tout le monde à utiliser de manière intelligente son énergie ces trois prochains jours et aussi dans les mois à venir. Si toutes les pensées tournent uniquement autour d'éventuels programmes de démantèlement, notre énergie et notre créativité sont mal employées. Nous avons devant nous des tâches importantes et inéluctables, alors consacrons-nous à leur financement équitable.

J'aimerais aussi remercier M. le conseiller fédéral Maurer et l'administration fédérale qui nous ont soutenus dans cette tâche très complexe qu'a été le traitement du budget 2023.