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de Montmollin Simone · Nationalrat · 2023-03-02

de Montmollin Simone · Nationalrat · Genf · FDP-Liberale Fraktion · 2023-03-02

Wortprotokoll

La majorité de la commission propose une motion problématique à différents égards.

D'abord, je trouve assez intéressant de constater que certains, qui évoquaient l'argument de la répartition des compétences hier pour contester la légitimité d'aborder la question des crèches, sont prêts aujourd'hui à s'asseoir sur ce même principe pour imposer, depuis le haut, de manière unilatérale et irréversible, une modification de loi sur la formation des enseignants, compétence éminemment cantonale, dont on peut légitimement douter de l'efficacité. C'est une étrange asymétrie.

Cette modification bat en brèche non seulement la souveraineté cantonale, mais également les principes fondamentaux du système éducatif suisse.

Nous avons la chance en Suisse de compter un système de hautes écoles très complémentaires: universités, hautes écoles spécialisées, hautes écoles pédagogiques.

Il existe aussi une perméabilité. Si chaque type de maturité donne accès à un type de haute école, lorsque le choix d'une filière supérieure ne correspond pas à la maturité donnée, des passerelles sont prévues afin que les compétences manquantes puissent être acquises. Des stages professionnels ou des examens sont alors exigés. Ces mesures permettent d'assurer qu'un niveau adéquat de connaissances est acquis à l'entrée. C'est important pour que, durant la formation, le niveau d'enseignement puisse être garanti de manière homogène et que les titres décernés soient reconnus à la fois au plan national, mais parfois également au plan international.

Dans l'enseignement, fût-il de niveau primaire, ces exigences sont également présentes. Il serait mal venu de les minimiser.

Pour les titulaires d'une maturité professionnelle qui souhaitent accéder à la formation d'enseignant du niveau primaire, cela implique un examen complémentaire, souvent réduit en fonction de l'expérience, mais qui leur permet d'entrer dans une haute école pédagogique. Il est possible que les critères et conditions d'examen ne soient pas homogènes entre les différentes écoles. C'est peut-être regrettable, mais ce n'est pas en réglant la question de manière systématique et unilatérale et en interdisant à toutes les écoles de faire ces examens que nous pourrons donner une réponse adéquate.

Le cas échéant, il faudrait également revoir la question de l'admission directe dans d'autres cas, par exemple, pour les titulaires d'une maturité spécialisée sans orientation pédagogique, ou plus largement pour les titulaires d'une maturité professionnelle à toutes les filières d'études proposées dans les hautes écoles spécialisées. On voit bien que la proposition, pour régler une inégalité de traitement, comme l'a dit le rapporteur de la commission, en crée de nouvelles.

Lutter contre la pénurie d'enseignants suppose de s'attaquer aux vraies questions, par exemple, celle du travail partiel, qui est assez important dans l'enseignement. Un autre serait de savoir pourquoi les enseignants quittent leur poste parfois quelques années seulement après l'obtention de leur diplôme. Il faut répondre à ces questions avant d'envisager des mesures irréversibles, en créant au demeurant une réglementation nationale sans avoir pris la peine de consulter les cantons.

Nous pouvons le faire avec le postulat que la commission vous propose. Mais il serait quand même paradoxal d'accepter une motion qui impose une mesure particulière avant d'avoir eu les réponses au postulat.

Pour toutes ces raisons, la minorité de la commission vous propose d'accepter le postulat, mais de rejeter la motion.