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Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · 2023-05-30

Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2023-05-30

Wortprotokoll

Le Conseil fédéral rappelle dans son message que le trafic routier génère à lui seul 37 pour cent des émissions de CO2 de la Suisse, et qu'il est urgent d'agir.

Agir comment? Dans le plan sectoriel des transports, il indique qu'il sera nécessaire de faire évoluer les comportements pour favoriser le transfert modal et éviter les déplacements. L'électrification de la voiture permet de réduire les émissions de CO2 générées par les déplacements, mais seulement de moitié. C'est pourquoi il faut impérativement - et au plus vite - apprendre à utiliser plus rationnellement et plus intelligemment les véhicules, notamment en remplissant davantage les voitures. Rappelons que nos voitures pèsent en moyenne 1780 kilogrammes, mais qu'elles ne transportent en moyenne que 1,5 et même 1,2 personne sur l'autoroute. Il est donc absurde de proposer de répondre au problème des embouteillages dus aux pics d'affluence liés aux horaires et aux départs en vacances par une augmentation des capacités. C'est tout sauf efficace et rationnel.

Les experts du Giec le disent d'ailleurs clairement: la transition vers une mobilité électrique est nécessaire, mais elle ne sera pas suffisante; il faut des arbitrages clairs dans la planification des infrastructures. C'est particulièrement vrai pour les routes nationales, utilisées avant tout pour le trafic individuel motorisé.

Le rapport de l'Office fédéral de la statistique résultant du microrecensement mobilité et transports réalisé auprès de 55[NB]000 personnes montre d'ailleurs que la population est de cet avis. Il est écrit dans ce rapport: "L'extension du réseau des routes nationales n'est pas une priorité pour la population: cette mesure n'arrive qu'en dernière position parmi les cinq mesures présentées pour améliorer le trafic routier. Pas moins de 38 pour cent des répondants lui ont accordé la priorité la plus basse."

Pour la population, la priorité en matière de politique des transports, c'est que des mesures soient prises dans les agglomérations. Or les autoroutes agissent comme des aspirateurs à voitures et amènent toujours plus de trafic, toujours plus de voitures et de camions au coeur des villes.

C'est pourquoi je vous invite à suivre ma minorité: oui à l'entretien des autoroutes, parce qu'il faut améliorer la sécurité, mais sans prévoir d'augmentation des capacités.

Ma minorité vous propose de modifier l'article 1 de l'arrêté fédéral 1 concernant le plafond des dépenses pour l'exploitation, l'entretien et l'aménagement au sens d'adaptations des routes nationales sur la période 2024-2027. Je profite d'ajouter que le plafond des dépenses est autorisé au titre d'exploitation, d'entretien et d'aménagement, mais sans augmenter les capacités. [PAGE 933]

Un mot encore sur la position de notre groupe à ce bloc: nous voterons les six propositions de minorité présentées dans le dépliant.