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Dupraz John · Nationalrat · 2003-03-19

Dupraz John · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-03-19

Wortprotokoll

Pour un pays dépourvu de matières premières comme la Suisse, l'interdépendance économique est le garant de la prospérité. Or, la reprise de la conjoncture économique internationale, attendue pour le second semestre de l'année sous revue, est repoussée à l'année 2003. Du reste, l'économie suisse ne devrait croître que modérément en 2003, et ce n'est qu'en 2004 que notre économie et celle des pays industrialisés devraient retrouver un chemin de croissance habituelle.

En 2002, nos exportations se montaient à 130 milliards de francs, presque un tiers du produit intérieur brut. Avec les services, c'est la moitié de nos activités qui sont liées à l'exportation et à l'importation. L'économie domestique, pour faire face à ces paramètres incontournables, doit être plus concurrentielle. C'est un facteur d'efficacité au niveau international.

L'essentiel de notre commerce, nous le réalisons avec des pays qui sont totalement différents du nôtre ainsi qu'avec des pays semblables, telle que notre voisine l'Allemagne. En 2002, notre balance commerciale présentait un excédent de l'ordre de 7 milliards de francs. Avec l'Union européenne, nous réalisons un déficit traditionnel: pour l'an passé 20 milliards de francs. Mais nous réalisons un excédent de 27 milliards de francs avec les autres régions du monde, les Etats-Unis, le Japon, le Canada et l'Australie. De plus, nous enregistrons un excédent relativement important, environ 15 milliards de francs, avec les pays de transition et les pays en voie de développement. Ce qui prouve que notre commerce est relativement différent dans son orientation puisque 80 pour cent des importations viennent de l'Union européenne, alors que 60 pour cent de nos exportations sont destinées à l'Union européenne.

Notre économie reste fragile en cette conjoncture morose. La prospérité de notre pays dépend énormément des autres, notamment de l'Union européenne. C'est un fait qu'il faut constater. C'est pourquoi l'entrée en vigueur des accords sectoriels avec l'Union européenne - ceux qu'on appelle Bilatérales I est porteuse d'espoir. A moyen terme, la conclusion des Bilatérales II est indispensable à l'essor économique de la Suisse tout en préservant le secret bancaire et en renforçant nos liens avec nos voisins, ce qui ne peut qu'améliorer notre position sur les marchés de l'Union européenne pour nos produits d'exportation.

De plus, des négociations importantes se déroulent à l'OMC. Le 3 septembre prochain, à Cancun au Mexique, la Suisse essaiera de faire progresser le cycle de Doha lancé en novembre 2001. Il s'agira de travailler pour trouver à terme un accord équilibré qui, tout en préservant notre économie agraire, multifonctionnelle, tenant compte des aspects non économiques de l'agriculture, garantira à notre économie d'exportation un meilleur accès sur les marchés internationaux. Les accords multilatéraux de l'OMC n'empêchent pas la Suisse de privilégier ses relations avec certains pays par des accords bilatéraux, avec l'Union européenne et les pays méditerranéens, et cela est déjà concrétisé avec le Mexique et Singapour. Des négociations sont en cours avec le Chili, le Canada, la Tunisie, l'Afrique du Sud et la Corée du Sud.

En conclusion, si ce rapport est un rapport rétrospectif, et puisqu'on ne peut rien changer, sur un ton rieur, je dirai que c'est un rapport d'autopsie! J'ai tout de même essayé de mettre l'accent sur les efforts entrepris par la Suisse pour rendre son économie plus compétitive sur les marchés extérieurs. Dans cette perspective, la politique du Conseil fédéral est appropriée et louable. Elle veille, par des accords bilatéraux tels que ceux que j'ai cités par ailleurs, et des accords multilatéraux dans le cadre de l'OMC, à renforcer la capacité de la Suisse à vendre à l'étranger. Espérons que les événements qui se préparent en Irak ne mettent pas un frein à ce développement.

Dans cet esprit porteur d'espoir pour la Suisse, la Commission de politique extérieure vous demande, à l'unanimité, de prendre acte de ce rapport et d'accepter tous les accords économiques qui suivent.