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Python Valentine · Nationalrat · 2023-09-13

Python Valentine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2023-09-13

Wortprotokoll

A nouveau, nous avons vécu un été torride avec des températures avoisinant les 40 degrés en plaine. Même en montagne, la situation était caniculaire. La saison estivale 2023 a été la plus chaude jamais enregistrée, apprenait-on début septembre. Mais malheureusement, cela n'aura plus rien d'exceptionnel.

Car selon les scénarios climatiques suisses de 2018, basés sur les rapports de 2014 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), les températures estivales augmenteront en Suisse en moyenne de 2,5 à 4,5 degrés déjà d'ici le milieu du siècle. Et ces prévisions étaient plutôt optimistes, tant le réchauffement s'accélère depuis cinq ans, comme l'ont démontré les derniers rapports du GIEC l'année passée. Nous venons donc, sans doute, de vivre un été comme nous en connaîtrons encore beaucoup ces prochaines années. Les événements extrêmes augmentent et augmenteront encore considérablement, même si l'objectif de plus 1,5 degré n'est pas dépassé, ce qui impliquerait une réduction drastique des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2025. Globalement, les vagues de chaleur qui ne survenaient qu'une fois tous les cinquante ans entre 1850 et 1900 sont, dès à présent, près de cinq fois plus fréquentes. Avec une augmentation globale de plus 1,5 degré que nous obtiendrions déjà en 2030, elles seront 8,6 fois plus fréquentes; avec plus 2 degrés, elles seraient 14 fois plus fréquentes et, avec plus 4 degrés, elles pourraient être 40 fois plus fréquentes, mais cela correspondrait à une planète étuve, devenue inhospitalière pour notre espèce.

Il y a vingt ans, la canicule de 2003 mettait en exergue la vulnérabilité des personnes âgées et celles des personnes souffrant de maladies chroniques. Actuellement, 20 pour cent de la population suisse a plus de 60 ans et 42 pour cent souffre de surpoids. Ce sont des facteurs de comorbidité dans un contexte caniculaire. De plus, la chaleur extrême touche plus gravement les personnes aux revenus modestes, sans compter le phénomène des îlots de chaleur qui aggrave encore la situation dans les villes. [PAGE 1607]

Au-delà d'un certain seuil, dès que nous dépassons 30 degrés le jour et 20 degrés la nuit, les capacités d'adaptation de l'organisme humain à la chaleur sont mises à rude épreuve. Or, ce sont désormais des températures de 40 degrés en journée et de 30 degrés la nuit qui se généralisent, et cela sur des périodes de plus en plus longues. Dans ces conditions, la régulation de la température corporelle est dépassée, d'autant plus si le taux d'humidité est élevé. Ainsi, même des régions habituées aux fortes chaleurs, comme l'Espagne, ont connu une mortalité de plusieurs milliers de personnes durant l'été 2022. Cet été en Suisse, on compte déjà des hospitalisations excédentaires liées à la chaleur. Et si les aînés sont particulièrement vulnérables, c'est le cas également des malades chroniques, des femmes enceintes, des nourrissons et des travailleurs exposés.

Dans ce contexte, il me semble indispensable de savoir comment notre système de santé peut réagir et s'adapter. Est-il prêt à prévenir ces effets? A prendre en charge les personnes les plus touchées par les fortes chaleurs?

C'est ce que vise mon postulat, que je vous encourage à soutenir.

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