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Marty Dick · Ständerat · 2003-03-11

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-03-11

Wortprotokoll

Je serai bref parce que M. Schiesser a dit beaucoup de choses que j'aurais voulu vous dire, et il les a dites certainement mieux que je n'aurais été à même de le faire.

Le rapporteur a parlé d'émotion autour de ce sujet. C'est vrai que dans le débat de ce matin, on a ressenti beaucoup d'émotion, mais surtout dans l'acharnement que l'on a mis pour combattre ces protocoles. On a mis les grands moyens pour combattre ces protocoles. Economiesuisse, dont j'estime beaucoup le travail et la fonction, a montré un acharnement singulier contre ces protocoles. Et comme M. Schiesser, je souhaite qu'Economiesuisse, comme tous les autres qui ont mis tellement d'énergie à parler aujourd'hui de l'Arc alpin, investiront la même force, la même énergie lorsqu'il s'agira de mettre sur pied une véritable politique régionale, de donner au tourisme des moyens qui s'approchent un peu plus de ce dont tous nos concurrents de l'Arc alpin disposent aujourd'hui pour en assurer la promotion.

Moi, je crois que la raison - pas les émotions - veut aujourd'hui que l'on adopte la proposition Maissen. Pourquoi? Parce que M. Maissen ne nous propose pas aujourd'hui d'approuver les protocoles; il dit que ces protocoles doivent faire l'objet d'un examen un peu plus approfondi. Les émotions que beaucoup d'entre vous ont manifestées ce matin, les questions qui ont été posées me semblent dire qu'on devrait examiner un peu mieux ces protocoles. Je n'arrive pas à croire, après les avoir lus plusieurs fois, qu'aucun de ces protocoles ne puisse être approuvé. Ce refus en bloc est pour moi la démonstration que nous sommes en présence d'une position idéologique et démagogique contraire à l'esprit de la Convention alpine. Et la motion de la commission, qui n'en est pas une, n'est que l'expression de la mauvaise conscience à l'égard de la décision principale que la commission a prise.

Je constate aussi que, ce matin, nous avons probablement discuté plus de ces protocoles que ne l'a fait la commission elle-même, un motif en plus de voter la proposition de renvoi Maissen à la commission. Je ne dis pas de voter les protocoles, mais de voter le renvoi à la commission pour qu'on puisse mieux traiter le sujet.

M. Schiesser a rendu hommage aux qualités de l'avocat Schweiger; je n'ai aucune difficulté à m'y associer: avocat brillant et, comme tous les avocats brillants, il a su faire recours à tous les trucs qu'un bon avocat sait employer - citations incomplètes où on ne cite pas la phrase d'avant ni celle d'après -, tout cela supporté par une disposition oratoire absolument remarquable. J'aimerais quand même dire que Mme Forster a excellemment réagi, elle lui a très bien répondu pour ce qui concerne le loup.

Je viens d'un canton dont le gouvernement n'est pas, je dirai, le champion suisse de l'écologie. Et le département qui est compétent pour tous ces problèmes est dirigé par le membre d'un parti qui voit dans les casinos et dans des structures pareilles un grand avenir pour le pays. Eh bien, je dois quand même vous dire que ce gouvernement tessinois, après un examen très approfondi, est convaincu que ces protocoles peuvent être approuvés. Il y a eu aussi un très grand débat dans les milieux touristiques - des séminaires, des discussions, des conférences sur le protocole "Tourisme" -, et je peux vous dire que le comité de la Fédération suisse du tourisme, qui réunit toutes les associations touristiques du pays, soutient dans sa majorité le protocole "Tourisme".

Donc, je crois que la commission doit absolument se pencher une fois encore sur ce sujet.

Les Alpes sont une des richesses essentielles de notre pays. L'année dernière - on a rappelé que c'était l'Année internationale de la montagne -, nous avons fait des études de marketing auprès de la clientèle étrangère qui ont montré que notre pays est avant tout effectivement identifié avec le patrimoine alpin. Nous avons donc une responsabilité accrue pour maintenir intact ou protéger ce patrimoine de valeur inestimable.

Ce qui me chagrine, dans ce débat, c'est de voir une fois de plus que, chaque fois que l'on parle de conventions internationales, que l'on parle de collaboration internationale, il y a cette réaction, cette Suisse repliée sur elle-même, cette Suisse qui a peur d'être confrontée aux autres, cette Suisse qui brandit tout de suite la menace du juge étranger, alors que, depuis des décennies, nous pouvons très bien vivre avec une Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg et que ces tribunaux arbitraux ne sont pas du tout une nouveauté de la Convention alpine: nous les avons dans beaucoup d'autres domaines, et cela fonctionne bien.

Pour conclure, je crois que la raison veut que nous adoptions la proposition Maissen, pour ne pas prendre aujourd'hui une décision irréparable.

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