Amaudruz Céline · Nationalrat · 2023-12-20
Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2023-12-20
Wortprotokoll
La Suisse traverse une crise migratoire de grande ampleur. Ce constat, Mesdames et Messieurs, ne peut plus guère être contredit, alors que les effets de cette crise se font ressentir de manière toujours plus concrète pour la population, parfois de manière dramatique. Deux questions ressortent fondamentalement. Premièrement, que peut faire la Suisse pour y remédier? Deuxièmement, que veut-elle faire?
Lorsque le Conseil fédéral met en avant, dans son avis, la diminution du nombre de passages illégaux aux frontières nationales, habituelle avec l'arrivée de l'hiver - vous en conviendrez -, il omet de mentionner un point. Pour la deuxième année consécutive, près de 50[NB]000 passages illégaux auront été constatés en douze mois. C'est trois fois plus qu'en 2018 et même quatre fois plus qu'en 2019, année précédant la crise du coronavirus. Durant la crise, marquée par le retour des contrôles temporaires aux frontières, les chiffres de l'immigration illégale avaient par ailleurs chuté de manière spectaculaire. L'Allemagne constate la même chose: une diminution drastique et indiscutable de l'immigration illégale depuis l'introduction des contrôles.
Comment le Conseil fédéral peut-il donc estimer, d'une part, que les contrôles ne fonctionnent pas, alors que la réalité des chiffres nous démontre le contraire et, d'autre part, que la Suisse ne se trouve pas dans un état de nécessité justifiant un renforcement des contrôles, alors même que divers cantons ont déclaré l'état d'urgence ou tiré la sonnette d'alarme et que les faits divers se multiplient en divers lieux de notre pays? Comment le Conseil fédéral peut-il estimer que la situation en Suisse n'est pas exceptionnelle, alors qu'un grand pays voisin, l'Allemagne - pour ne pas le citer -, estime que notre gestion est tellement calamiteuse qu'il lui faut réintroduire des contrôles à notre frontière?
La décision allemande est une gifle pour la Suisse. Nous ne sommes de toute évidence plus considérés comme un partenaire fiable en matière de gestion de l'immigration clandestine. Il est grand temps de prendre les choses en main et de renforcer les contrôles aux frontières. Nous ne pouvons plus attendre et nous satisfaire d'explications alambiquées et insuffisantes. Alors que la législation actuelle permet d'effectuer des contrôles, il est incompréhensible que les attentes de la population ne soient pas écoutées plus sérieusement à ce sujet. Au vu des réponses du Conseil fédéral, il apparaît qu'une intensification des contrôles est possible. Seule la volonté manque.
Forts d'un large soutien populaire, nous demandons fermement une action en vue de lutter enfin contre l'immigration illégale.
Je questionne donc le Conseil fédéral: pourquoi le Conseil fédéral renonce-t-il ne serait-ce qu'à augmenter le nombre de contrôles aux points chauds? A partir de quel seuil le Conseil fédéral estime-t-il que la situation menace l'ordre public? 50[NB]000 passages clandestins des frontières ne sont-ils pas assez? Faudra-t-il attendre d'arriver à 60[NB]000, 70[NB]000 ou même 90[NB]000, soit le même nombre que l'Allemagne, pourtant presque dix fois plus grande et plus peuplée? Quels moyens envisage-t-il de mettre en oeuvre pour cadrer enfin les débordements actuels et les insuffisances flagrantes de notre gestion des frontières?
Nous tenons à obtenir des réponses, suivies d'actes. Nous continuerons à insister encore et encore, car ce que nous pouvons faire, nous devons le faire. C'est notre responsabilité vis-à-vis de la population, qui attend de nous des réponses claires et efficaces.