Parmelin Guy · Bundesrat · 2024-02-28
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2024-02-28
Wortprotokoll
La formation professionnelle occupe une place importante au sein du système éducatif suisse. Pour un grand nombre d'adolescents et de jeunes adultes, la formation professionnelle est même la clé d'insertion sur le marché du travail et dans la société, en même temps qu'un moyen d'ouvrir des perspectives professionnelles à long terme. Du point de vue des jeunes et des parents, il est crucial que la formation professionnelle offre également des perspectives de carrière. C'est le cas: la maturité professionnelle ouvre l'accès aux hautes écoles spécialisées et, avec un examen complémentaire, aux hautes écoles universitaires et pédagogiques, la formation professionnelle supérieure permet d'obtenir aussi une qualification supérieure au niveau tertiaire, même sans maturité.
Le marché des places d'apprentissage fonctionne bien. Le système de formation professionnelle est conçu de sorte à être porté par l'économie, et est placé sous sa coresponsabilité. Par ailleurs, les entreprises bénéficient de conditions-cadres favorables créées par la Confédération, par les cantons et soutenues par les associations de branches. En Suisse romande, la part des jeunes qui suivent un apprentissage dual est, certes, plus faible qu'en Suisse alémanique, mais ces dernières années, plusieurs cantons ont fait de gros efforts pour mieux faire connaître et promouvoir la formation professionnelle. La Confédération a soutenu financièrement des projets cantonaux dans ce domaine.
L'approche ascendante, telle qu'elle est privilégiée dans la formation professionnelle suisse, a fait ses preuves. L'Etat soutient plus efficacement les initiatives privées en instaurant des conditions-cadres favorables et en laissant des marges de manoeuvre plutôt qu'en intervenant directement ou en émettant des directives sur le contenu. Telle est la conclusion du rapport approuvé par le Conseil fédéral fin 2022.
Aucune intervention supplémentaire de la part de l'Etat n'est nécessaire à l'heure actuelle en matière de création et de maintien de places d'apprentissage. La Suisse a en outre l'expérience de la gestion des situations tendues sur le marché des places d'apprentissage, comme cela a été le cas dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Elle dispose d'instruments éprouvés qui peuvent être activés rapidement et perfectionnés si nécessaire. Le Conseil fédéral ne voit pas la valeur ajoutée d'un rapport supplémentaire sur la base de ce postulat.
Maintenant, on peut aussi, comme l'a fait M. Nantermod d'ailleurs, se poser la question de savoir comment on veut maintenir l'attractivité de la formation professionnelle pour les jeunes. Vous avez raison, Monsieur Nantermod, et je l'ai dit: notre système joue un rôle pionnier au niveau international, mais ses atouts sont souvent trop peu connus de la population, notamment des personnes qui n'ont pas grandi dans notre pays. Les entreprises étrangères actives en Suisse sont, elles aussi, souvent trop peu informées. Avec la campagne "formationprofessionnelleplus.ch", la Confédération promeut, en collaboration avec les cantons et avec les organisations du monde du travail (Ortra), l'image de la formation professionnelle en Suisse. Lancée en août 2022, la nouvelle édition s'adresse à deux générations: celle des parents qui accompagnent leurs enfants dans le processus de choix d'une profession et celle des jeunes eux-mêmes, qu'il s'agit d'inciter à suivre leur route - en d'autres mots, à choisir [PAGE 100] un métier en fonction de leurs aspirations propres. C'est une des pistes qui est suivie actuellement. Il y en a d'autres, mais nous ne voyons pas, je le répète encore, la valeur ajoutée d'un rapport.
Et pour cela, le Conseil fédéral vous prie de rejeter ce postulat.