Nicolet Jacques · Nationalrat · 2024-02-28
Nicolet Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-02-28
Wortprotokoll
La motion vise à supprimer la nouvelle mesure décidée par le Conseil fédéral, qui était de consacrer 3,5 pour cent de surface des terres ouvertes en biodiversité supplémentaire dès 2024.
Notre pays ne produit que près de 50 pour cent du contenu de nos assiettes et cette nouvelle mesure vise à condamner 3,5 pour cent de bonnes terres agricoles en nouvelles surfaces de biodiversité, alors que près de 200[NB]000 hectares sont déjà aujourd'hui voués à la biodiversité en Suisse.
Aujourd'hui, il est imposé aux agriculteurs suisses de mettre à disposition 7 pour cent de leurs surfaces pour la promotion de la biodiversité, cette exigence étant conditionnée au versement des prestations écologiques requises (PER). En réalité c'est plus du double qui est déjà actuellement mis à disposition de la biodiversité. Par de nombreuses surfaces de bandes herbeuses, de jachères, de pâturages maigres, de prairies extensives ou de nombreuses autres surfaces vouées à la biodiversité, l'engagement de l'agriculture en surfaces de biodiversité est déjà énorme.
Dès lors, retirer 3,5 pour cent de surface de bonnes terres agricoles pour renforcer la biodiversité, c'est condamner plus de 10[NB]000 hectares qui aujourd'hui sont consacrés à la production de denrées alimentaires.
Si elles sont cultivées, par exemple en blé, la production issue de ces surfaces permet aujourd'hui de confectionner environ 80[NB]000 tonnes de pain indigène, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 2 millions d'habitants de notre pays, autrement dit 22 pour cent de la population.
Le monde agricole européen et les agriculteurs suisses sont en révolte et crient leur ras-le-bol, notamment en raison de toutes ces nouvelles mesures et normes, générant par ailleurs de nouvelles charges administratives.
Les paysans veulent gagner décemment leur vie du produit de leur travail. Retirer ces surfaces de production à l'agriculture, c'est retirer une partie de l'outil de travail des paysans, c'est augmenter les importations de denrées alimentaires, et c'est aussi mettre à mal le secteur de la boulangerie, qui souffre déjà énormément des importations actuelles, de l'ordre de 140[NB]000 tonnes, de produits de boulangerie qui sont confectionnés à l'étranger.
En acceptant cette motion, vous contribuerez modestement à maintenir des surfaces agricoles de qualité, permettant la production de denrées alimentaires indigènes, et vous assurerez également des activités et des emplois dans le secteur de la transformation alimentaire de proximité. Je vous invite à soutenir cette motion.