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Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2024-02-28

Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2024-02-28

Wortprotokoll

Oui: on revient une quatrième fois sur ce sujet. C'est un sujet qui est cher à la démocratie et c'est le Parlement qui a souhaité qu'on reparle de ceci, dans sa grande sagesse. Je vous invite à rester sages et à rester éclairés quand il s'agira de voter à la fin de ce débat.

Dans une époque où les vents contraires de l'autoritarisme soufflent avec force sur la démocratie mondiale, la Suisse doit rester un phare de la démocratie. Notre histoire nous enseigne que l'extension du droit de vote, des restrictions censitaires à l'inclusion des femmes, et même dans certains cantons désormais des étrangers vivant en Suisse, a non seulement renforcé notre démocratie, mais a également enrichi le débat public. C'est un élément central dans cette réflexion. Aujourd'hui, nous sommes à l'aube d'une nouvelle étape dans cette évolution: le vote à seize ans. A travers l'histoire, chaque extension du droit de vote a été précédée de débats animés et ce n'est pas différent pour cette proposition. Bien que Glaris, et on l'a déjà dit, ait ouvert la voie en 2007, nos tentatives dans d'autres cantons ont rencontré des obstacles, mais ces revers ne doivent pas nous décourager. Ils doivent plutôt renforcer notre détermination à investir davantage dans notre démocratie.

Certains sceptiques voient dans le vote à seize ans un gadget politique. Pourtant, la question dépasse largement cette vision réductrice. Elle touche à la capacité de notre démocratie à s'adapter, à se renouveler et à inclure. Plus notre démocratie est représentative, plus notre démocratie est forte. Dans un monde où les jeunes sont de plus en plus conscients des défis globaux, qu'il s'agisse du changement climatique, de l'emploi, de l'égalité sociale ou de la justice, leur accorder le droit de vote, c'est reconnaître leur contribution à notre société. L'argument selon lequel les jeunes de seize ans ne seraient pas à même de prendre des décisions éclairées sur des questions politiques ne tient pas devant l'évidence de leur engagement et de leur connaissance des enjeux actuels. Comme le montre d'ailleurs l'histoire de cette proposition au Conseil national, une partie non négligeable - d'ailleurs ce fut une claire majorité, et j'espère que cela le sera encore - reconnaît cette maturité.

En conclusion, mes chers collègues, l'extension du droit de vote à 16 ans n'est pas un caprice: c'est une reconnaissance de l'évolution de notre société, c'est un investissement dans l'avenir de notre démocratie. Faisons preuve de courage et de vision, on doit être à la hauteur de notre réputation de pionniers en matière de démocratie.

Permettez-moi un retour rapide sur notre histoire: en 1915, la Suisse abandonnait le suffrage censitaire qui octroyait le droit de vote uniquement aux hommes, uniquement aux hommes qui payaient suffisamment d'impôts. En 1971, les droits démocratiques s'étendirent aux femmes. En 1991, la majorité politique était abaissée à 18 ans.

Je vous invite alors, chères et chers collègues, à continuer d'écrire l'histoire et à accepter le droit de vote à 16 ans. 2024 pourrait être l'année d'intégration de cette nouvelle ouverture pour une démocratie ouverte et prometteuse.