Vara Céline · Ständerat · 2024-02-29
Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2024-02-29
Wortprotokoll
Selon l'Office fédéral de la statistique, le trafic routier en Suisse est responsable de 38 pour cent des émissions de CO2. C'est de loin le premier secteur responsable du réchauffement climatique pour notre pays. Il doit faire l'objet de tous nos efforts afin que ces émissions soient atténuées.
En ce sens, les exigences que nous posons aujourd'hui dans la loi sur le CO2 seront déterminantes afin de réduire nos émissions dans ce domaine. La loi sur le climat et l'innovation, qui a été acceptée par le peuple en juin 2023, exige, pour le trafic routier, une réduction de 57 pour cent des émissions de CO2 d'ici à 2040 par rapport à 1990. Il est donc essentiel de disposer dès aujourd'hui de mesures efficaces afin de pouvoir inverser la tendance en matière de transport.
Je dois vous rappeler que toutes les mesures supplémentaires concernant le prix de l'essence ont été biffées du projet initial. Il ne nous reste donc plus, pour agir, que ce levier des émissions de CO2 des voitures neuves. Sachant qu'en moyenne, une voiture de tourisme circule douze ans sur les routes suisses, les voitures neuves qui seront vendues à la fin des années 2020, détermineront, par le biais du marché de l'occasion, les émissions de CO2 du trafic routier jusque dans les années 2040. C'est dire combien il est décisif, aujourd'hui, et pas dans cinq ans, que nous ayons le courage de prendre des mesures à la hauteur de nos objectifs.
Alors que nous discutons des grammes de CO2 admissibles, sept pays européens n'autoriseront bientôt plus du tout les véhicules thermiques. Parmi eux figurent la Norvège, dès l'année prochaine, ainsi que la Slovénie et l'Autriche - oui, l'Autriche -, dès 2030. Il faut le dire: la proposition retenue par le Conseil national n'est pas ambitieuse, mais elle a au moins le mérite de fixer des objectifs clairs et de donner une trajectoire de réduction importante et constante.
La proposition de la majorité de la commission du Conseil des Etats est, quant à elle, évidemment, largement - largement - insuffisante. En acceptant que les émissions moyennes de CO2 pour les voitures de tourisme soient de 93,6 grammes jusqu'en 2029, on prend le risque qu'en 2030, nous n'atteignions pas l'objectif de 49,5 grammes, et surtout, qu'il y ait encore une grande majorité de véhicules en circulation émettant beaucoup de CO2.
Avec une trajectoire claire de réduction annuelle, comme le propose le Conseil national, nous nous assurons d'avoir chaque année les voitures les plus efficaces énergétiquement parlant sur le marché suisse. Nous nous assurons que les conducteurs et conductrices suisses feront des économies avec des véhicules consommant moins d'essence. Le TCS rappelle, dans une prise de position récente, que le coût d'électricité des véhicules électriques est d'environ 70 pour cent inférieur aux coûts de carburant des voitures à moteur à essence ou au diesel conventionnel. C'est donc une action favorable aux consommateurs et consommatrices. Ces garanties - ce ne sont pas des options - sont nécessaires au regard du défi climatique.
Au cours des trente dernières années, les gains d'efficacité obtenus avec les voitures neuves ont été presque entièrement annulés par les kilomètres supplémentaires parcourus et par une augmentation de la puissance moyenne des moteurs, du volume, du poids et du nombre de véhicules mis en circulation. Les conducteurs et les conductrices suisses sont les plus gros - parmi les plus gros - consommateurs de grosses voitures très puissantes au monde. Aucun autre pays d'Europe centrale et occidentale ne possède une flotte de voitures neuves émettant en moyenne autant de CO2 qu'en Suisse. Par conséquent, les émissions du secteur des transports, contrairement aux autres secteurs, ont continué à augmenter ces vingt dernières années, malgré une meilleure efficacité des moteurs thermiques, comme je l'ai déjà mentionné.
Nous voulons atteindre les valeurs cibles qui sont dans la loi. C'est là même notre objectif. Partant, nous devons réduire les émissions de CO2 issues du trafic. Dans ce cas, il faut suivre la trajectoire de réduction proposée par le Conseil national.
Je vous invite à suivre la position du Conseil national et à soutenir ma proposition de minorité.