Lexipedia

Bendahan Samuel · Nationalrat · 2024-03-13

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-03-13

Wortprotokoll

Il y a deux jours, je suis allé sur un forum sur Reddit et j'ai vu une question qui était posée: quelle est la racine de tous les maux? La réponse qui était de loin la plus donnée était l'avidité. L'avidité humaine cause de nombreux autres dégâts et de nombreux autres maux sur cette planète. Ici, ce n'est qu'une des manifestations qui apparaît dans la logique de certains intermédiaires qui abusent complètement des crises internationales sans scrupule pour faire payer et faire souffrir les ménages en Suisse en diminuant leur pouvoir d'achat.

La "greedflation" - l'inflation par l'avidité - est un phénomène dans lequel des intermédiaires profitent d'une crise pour faire gonfler leurs marges sans qu'il y ait de justification. Dans la logique de la fixation des prix, normalement, il faut que les prix correspondent à un coût effectif: quand on achète quelque chose, cette chose a un coût, car elle implique du travail, des coûts d'approvisionnement, des coûts fixes à amortir, etc. La "greedflation", c'est quand une crise internationale permet à des intermédiaires d'augmenter leur marge brute en francs sans travail supplémentaire. Ce n'est pas parce que l'achat d'un bien coûte plus cher à l'étranger que la marge qui est faite sur ce bien doit aussi augmenter.

Ce sont des milliards de francs qui ont été encaissés, par exemple, par le secteur de la distribution de l'essence sans que ces milliards soient justifiés par l'augmentation des coûts. Il est logique que le consommateur paye l'augmentation des prix, par exemple, à l'approvisionnement, même si cela pose un autre problème. Ce qui n'est pas logique, c'est que des intermédiaires en profitent pour augmenter leurs propres marges sans qu'il y ait le moindre travail supplémentaire.

Le Conseil fédéral, dans son avis, dit que la hausse est temporaire, que ces prix augmentent, puis diminuent à nouveau. Mais ce n'est pas vrai, et c'est bien le problème que posent toutes ces hausses de prix. C'est toujours plus facile à la hausse. Regardez, par exemple, l'évolution du marché hypothécaire ces vingt dernières années. Chaque fois que les taux d'intérêt baissaient et que cela justifiait une baisse du prix des loyers, les loyers augmentaient. Les loyers augmentaient alors que la source des coûts baissait.

Il y a donc bien une logique des distributeurs, des bailleurs par exemple, d'augmenter les prix même lorsque les coûts diminuent, s'ils peuvent le faire. Le problème du système dans lequel nous vivons, c'est qu'ils peuvent le faire. Dans un marché idéal, transparent, qui fonctionnerait correctement, les distributeurs ne pourraient pas le faire parce que le marché s'ajusterait, la concurrence fonctionnerait. Le problème lié au phénomène de la "greedflation" est que le mécanisme de concurrence ne fonctionne pas et qu'il donne une position dominante à des cartels ou à des groupes d'acteurs alors que le pouvoir du surveillant des prix est insuffisant. Il s'agit donc de proposer quelques mesures de transparence et de surveillance.

Mon postulat vise à demander une analyse et à évaluer les mesures qui permettraient de réduire un phénomène qui, je le rappelle, n'est pas justifié du point de vue économique. Le Conseil fédéral indique que ce n'est pas proportionné: mais faire quelques analyses macroéconomiques sur l'évaluation de l'évolution des marges dans certains secteurs, par exemple, ne poserait aucun problème et demanderait extrêmement peu de ressources. Par contre, ce sont des centaines de millions de francs de pouvoir d'achat qui sont perdus par la population lorsqu'un secteur prend des marges exagérées. Renforcer les compétences du surveillant des prix est une mesure simple qui permettrait un effet de dissuasion.

Pour finir, j'aimerais encore vous dire ceci: s'il existe des méthodes rendant possibles la transparence ou des analyses, alors l'incitation donnée à des intermédiaires à fixer des marges abusives sera plus faible. En conséquence, cette pression poussera les intermédiaires à fixer des prix justes - et c'est tout ce que vise ce texte: fixer des prix justes, des prix corrects, sans faire de pertes, mais sans faire de bénéfices en profitant d'une crise non plus. Pour y parvenir, avoir un peu plus de transparence et accorder un peu plus de compétences au surveillant des prix seraient sans doute de bonnes idées, qui ne coûteraient quasiment rien à la Confédération.

Si la Confédération peut dépenser zéro franc pour apporter des milliards en pouvoir d'achat en plus à la population, je pense que c'est un sacrément bon deal.