Hurni Baptiste · Ständerat · 2024-03-13
Hurni Baptiste · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-03-13
Wortprotokoll
Je remercie d'abord beaucoup le Conseil fédéral pour ses réponses techniques. Si elles ne sont que partiellement satisfaisantes, c'est que l'on aimerait pouvoir obtenir des informations un peu plus approfondies. Je reprends donc les thèmes évoqués dans mon interpellation.
En premier lieu, il y a celui de la sécurité des centres d'asile en général et en particulier du centre de Boudry, qui est le plus grand de mon canton, en plus de celui des Verrières, cela a été rappelé. En ce qui concerne la sécurité, on a bien compris qu'il y avait une coordination forte entre les services cantonaux, communaux et fédéraux, mais il nous importerait de savoir si, selon la Confédération, l'évolution de la sécurité, grâce à cette coordination, est positive ou négative. Quelle est l'évolution de ces mesures de sécurité? Vous l'avez vu dans la presse, comme moi, et j'ai aussi eu l'occasion de parler avec ces gens, les riverains du centre de Boudry sont excédés par la situation et n'ont pas le sentiment, quant à eux, que la situation s'améliore. Je lis donc avec bonheur et plaisir qu'une forte coordination a été mise en place, mais les gens qui vivent cette insécurité n'ont pas l'air, aujourd'hui, de voir une évolution très positive. J'aimerais donc bien avoir l'avis du Conseil fédéral sur cette question.
Vous indiquez aussi un certain nombre de choses sur le suivi social, médical et intégratif. Vous mentionnez notamment la Croix-Rouge comme partenaire dans des centres d'asile. J'aurais voulu savoir ce qui est fait spécifiquement à Boudry. Il m'apparaît aujourd'hui que, avec les crises migratoires, avec les problèmes budgétaires, le suivi social, médical et intégratif est véritablement le parent pauvre. Peu de choses se font, ce qui crée aussi des problèmes. On sait que la clé d'une bonne intégration, la clé pour qu'un village, une communauté, accepte ce genre de centre, c'est qu'il y ait un suivi intégratif digne de ce nom. Nous n'avons pas l'impression que c'est le cas. Nous demandons donc au Conseil fédéral de bien vouloir nous rassurer et nous dire ce qu'il a prévu à ce sujet.
Sur le thème de la solidarité entre les cantons, nous avons pris note de la réponse du Conseil fédéral qui renvoie à la loi, qui explique bien que lorsque l'on a un centre, le quota est plus faible, et c'est de cette manière que s'exprime la solidarité entre les cantons.
Quant à nous, nous aimerions quand même ajouter qu'il y a un élément sur lequel il nous semble que cette solidarité entre les cantons ne s'exprime pas pleinement: c'est lorsqu'il y a une crise migratoire, car lors d'une crise migratoire, on demande aux centres fédéraux d'asile d'accueillir davantage de personnes que prévu. Les autres cantons n'ont pas montré, par le passé, de solidarité extrêmement forte en la matière. [PAGE 237] Nous nous demandons si le Conseil fédéral a aussi des projets à cet égard. Il nous paraît essentiel que ces centres, une fois de plus, puissent être bien admis dans une communauté. Pour qu'ils y soient bien admis, il faut que tout le monde y mette du sien. Si, lors d'une crise migratoire, on demande aux cantons ayant fait l'effort confédéral d'accueillir un centre fédéral d'asile, d'accueillir davantage de personnes, cela ne fonctionnera pas - on s'en rend bien compte.
Le dernier point sur lequel nous aimerions revenir, et qui est peut-être celui qui nous a le plus déçus, dans la réponse à l'interpellation, concerne la taille des centres fédéraux d'asile. Le Conseil fédéral nous dit qu'un groupe de travail a établi les masses critiques pour que ces centres soient efficients. Mais cette réponse ne nous satisfait pas, car l'efficience ne peut pas se mesurer uniquement à l'efficience administrative. L'efficience, c'est aussi la capacité d'une communauté à accepter le centre d'asile, ce qui est en rapport avec la taille de la communauté, la taille du village; le centre doit aussi être dimensionné en fonction de son accès aux transports publics. Doit-on traverser le village? Comment doit-on le traverser? Le centre est-il facilement accessible? La configuration spatiale - c'est-à-dire l'endroit où se trouve le centre, à côté de quoi il se trouve et qui s'y rend - est aussi un élément important. Nous insistons un peu à ce sujet, car pour nous, c'est à Boudry que se trouve le noeud du problème, à savoir la taille du centre par rapport à la taille du village, surtout avec les crises migratoires que nous avons connues. Vous l'avez constaté, la population aimerait aujourd'hui que ce centre soit fermé. Quant à nous, nous disons que le canton de Neuchâtel doit continuer à faire des efforts, mais nous avons vraiment le sentiment que si l'on ne redimensionne pas[NB]ce[NB]centre,[NB]on[NB]demandera[NB]un[NB]effort trop grand à cette communauté, à cette région. Si l'on ne met pas les moyens pour l'intégration, notamment, on créera des réactions extrêmement négatives.
Nous ne saurions assez le souligner, Monsieur le conseiller fédéral, et vous demander d'évaluer l'efficience sous tous ces aspects, et pas seulement l'efficience administrative d'un centre, afin que ces situations soient supportables. Aujourd'hui, vous le savez, toute une série de riverains n'arrive même plus à trouver une assurance pour leurs maisons, tant le taux de sinistralité est élevé dans ces régions. Dans ces situations, le problème, ce n'est pas que ces gens ne soient pas intégratifs ou ne soient pas tolérants, mais c'est que ce sont des gens que l'on a un peu poussés à bout, peut-être parce que la Confédération et les cantons n'en font pas assez en matière de centres plus petits et plus nombreux.