Cuche Fernand · Nationalrat · 2003-05-07
Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2003-05-07
Wortprotokoll
J'aimerais un tout petit peu relativiser la situation au sujet de ces revendications quand même assez insistantes concernant la détention des animaux en plein air, et faire remarquer par exemple que, depuis trois jours que nous siégeons ici - heureusement qu'il y a la pause de midi! -, à voir la mine d'un certain nombre de mes collègues, malgré le beau temps qui "sévit" depuis deux mois, certains ont encore la mine très pâle.
Les vendeuses et les vendeurs de la Migros, les magasiniers des grandes surfaces de cette enseigne, par exemple, qui vendent des produits labelisés issus d'animaux qui ont vécu en plein air sous une forme ou une autre en fonction des différentes réglementations, ne voient eux-mêmes souvent pas le soleil pendant tout un hiver. En plus, s'ils travaillent à Lausanne ou à Genève, ils sont dans le brouillard pendant cinq ou six mois - il y a une contestation en ce qui concerne Lausanne, mais c'est vraie en tout cas pour Genève.
J'aimerais tout simplement relativiser un peu l'exigence qu'on a, que je ne conteste pas sur le fond, à l'égard des animaux. Contrairement à ce que dit Mme Fässler, ça a des incidences économiques. Parce que, on l'a vu, il y a des investissements à faire, il y a des normes au niveau des étables et de la détention des animaux qui ne conviennent pas, ou des environnements qui font qu'il faut travailler un peu le terrain pour que ces animaux soient bien quand il pleut ou quand il neige. Donc, ça a une incidence financière et c'est une prestation de plus qui doit être rémunérée.
Au cas où cette motion serait transmise, il serait bon que le Conseil fédéral définisse si ces prestations, qui ne sont pas négligeables, doivent être rémunérées par les paiements directs ou payées par les prix à la production.
Maintenant, en ce qui concerne la jungle des labels, pour moi qui suis producteur à temps partiel, je crois que la situation est relativement claire. Il y a la loi sur la protection des animaux qui nous oblige à sortir les animaux 90 jours dans l'année, dont 30 jours en hiver, et il y a les prestations écologiques requises en fonction des deux modes de sortie que l'on a choisis. Les choses se compliquent à partir du moment où les grandes centrales de distribution, pour des raisons commerciales et de concurrence, définissent leurs propres labels. Je crois que ces entreprises aussi devraient comprendre la difficulté qu'ont peut-être un certain nombre de consommateurs et de consommatrices à voir se qui se cache derrière les labels ou "sorties régulières en plein air". Il ne faudrait pas non plus que nos partenaires commerciaux, tous les deux ans, pour des raisons de marketing et de communication, lancent de nouveaux labels.
Dans ce sens, si cette motion a pour but de clarifier le rôle des uns et des autres, la responsabilité des uns et des autres et qui finance ces prestations, on peut la transmettre. [PAGE 703] Mais si elle entraîne des exigences supplémentaires non rémunérées, on va maintenir un climat un peu difficile dans les campagnes.