Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2024-06-03
Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2024-06-03
Wortprotokoll
Nous faisons face à une crise environnementale majeure. Changement climatique, perte de biodiversité, pollution de l'eau, pollution des sols: ces problèmes découlent d'une économie non régulée qui dépasse les capacités de notre planète. L'initiative pour la responsabilité environnementale vise à rectifier cette situation en plaçant la protection de l'environnement au centre. Le texte des Jeunes Verts propose de modifier notre Constitution pour que la nature et sa capacité de renouvellement soient les limites de notre économie. Les activités économiques devront respecter ces limites pour préserver les bases naturelles de la vie. La Confédération et les cantons devront garantir le respect de ce principe en tenant compte de l'acceptabilité sociale des mesures adoptées.
Il est urgent d'agir: au moins quatre limites planétaires sont déjà dépassées en Suisse. La Suisse, avec son niveau de consommation élevé, exerce une pression excessive sur l'environnement. On le sait, notre empreinte écologique est parmi les plus élevées d'Europe, contribuant à la crise environnementale mondiale. Pourtant, les rapports successifs du Giec nous alertent depuis des années sur les dangers du réchauffement climatique. Les conclusions des experts sont claires, ce sont les scientifiques qui le disent. Nous sommes sur une trajectoire dangereuse qui nécessite une action immédiate et ambitieuse, à savoir une réduction des émissions de CO2 de manière drastique pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré.
Plus près de nous encore, la décision récente de la Cour européenne des droits de l'homme a reconnu le lien entre droit humain et protection de l'environnement. Cette décision historique ne doit pas être vue uniquement comme un arrêt contre la Suisse, mais une opportunité réelle pour notre pays d'être un modèle dans sa réponse à l'urgence climatique. Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a récemment déclaré: "L'urgence climatique est une course que nous sommes en train de perdre, mais c'est une course que nous pouvons aussi gagner." Ces paroles rappellent que les avertissements des scientifiques et des institutions internationales ne sont pas des lubies, mais des appels sérieux à l'action que nous devons prendre au sérieux. La Suisse fait partie d'un tout: notre planète. C'est un pays riche qui a les moyens de tracer un nouveau chemin. Si nous n'y arrivons pas, qui y arrivera? Nous avons les moyens, les ressources, la force et aussi l'innovation, en Suisse, qui nous permettraient d'atteindre ces buts. Qui en aura les moyens? Je reprends cette phrase célèbre, "La Suisse n'a pas de pétrole, mais elle a des idées", que j'ai envie de transformer avec vous aujourd'hui en la phrase suivante: "La Suisse se passera du pétrole, car elle a les idées et de l'ambition".
Cette initiative a un objectif clair: d'ici dix ans, la Suisse ne doit plus dépasser les limites planétaires. Cela concerne le climat, la biodiversité, la consommation d'eau, l'utilisation du sol et les apports d'azote et de phosphore. Il est essentiel de définir des objectifs qui soient précis, et il est essentiel de mesurer les progrès et de suivre un calendrier rigoureux pour atteindre ces objectifs. L'économie doit évoluer pour fonctionner dans le respect des limites environnementales, offrant ainsi une meilleure qualité de vie, une alimentation qui soit plus saine et des emplois qui soient vraiment durables. Le[NB]délai[NB]de[NB]dix[NB]ans est essentiel, comme le soulignent les scientifiques, pour éviter les points de non-retour des écosystèmes.
Pour toutes ces raisons, le groupe des Verts vous invite évidemment à recommander d'accepter cette initiative des Jeunes Verts pour garantir un avenir viable, tant pour la Suisse que pour la planète, et à soutenir les deux propositions de minorité I (Trede) et II (Clivaz Christophe). Je vous remercie de votre soutien.