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Vara Céline · Ständerat · 2024-09-09

Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2024-09-09

Wortprotokoll

Je regrette bien évidemment la décision prise par la majorité de rejeter l'initiative et, par là, de refuser la possibilité de lui opposer un contre-projet, même s'il faut bien dire que je m'y attendais un peu. Je ne vais pas répéter tous les arguments, car j'ai bien assez parlé, mais comme vous m'avez tendu la perche, Monsieur le conseiller fédéral, je vais revenir sur un seul argument, de nature économique.

Le Conseil fédéral avait évoqué le chiffre de 66 pour cent. Il estimait, selon un calcul qui ne nous a pas été présenté, que nous devrions réduire notre consommation de 66 pour cent si les limites planétaires étaient inscrites dans la Constitution fédérale avec un délai de mise en oeuvre de dix ans. Ce chiffre non documenté repose manifestement sur une appréciation erronée de la situation. Depuis 2006 - cela fait donc déjà longtemps -, grâce au rapport Stern sur l'évaluation économique des conséquences du dérèglement climatique, qui a été repris par la Banque mondiale - une véritable institution -, l'on sait que ce chiffre représente l'impact économique[NB]des[NB]effets[NB]du[NB]changement climatique. La conclusion en est que le coût de l'inaction est nettement supérieur au coût de l'action. Choisir l'inaction représente 5 à 20 pour cent du PIB mondial, tandis que choisir l'action n'en représente que 1 pour cent.

Presque deux décennies plus tard, les dernières conclusions du Conseil de l'Union européenne sont formelles: l'assurance d'une transition juste vers des économies et des sociétés durables, résilientes face au changement climatique et neutres pour le climat, n'a jamais été aussi urgente. C'est l'inaction qui portera un coup dur à notre consommation. C'est le franchissement des limites planétaires qui assènera un coup de massue à notre économie. Selon les experts des universités américaines du Minnesota et de Purdue, dans l'Indiana, qui ont mené leurs travaux, publiés en 2020, sur 140 pays - c'est donc récent -, ne rien faire pour enrayer la disparition des écosystèmes et de la biodiversité coûtera au moins 479 milliards de dollars par an sur le plan mondial, soit près de 10[NB]000 milliards de dollars d'ici à 2050, un niveau de perte équivalant à 0,67 pour cent du PIB mondial par année d'ici 2050.

Chères et chers collègues, nous pouvons choisir aujourd'hui de miser sur le court terme; c'est ce que nous faisons depuis cinquante ans. Et voilà où nous en sommes: aux portes de l'effondrement économique, sociétal et environnemental. Mais nous pouvons aussi choisir d'écouter la jeunesse, de donner une chance à une économie résiliente au service des générations futures. Nous pouvons choisir un avenir main dans la main avec la nature, avec celle qui nous donne la vie, et pas contre la nature, contre le vivant. A coup sûr, si la nature perdait, c'est l'humanité qui perdrait aussi.

Ce choix, vous pouvez le faire en adoptant la proposition de la minorité d'accepter l'initiative des Jeunes Verts.