Buffat Michaël · Nationalrat · 2024-09-11
Buffat Michaël · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-09-11
Wortprotokoll
Nous estimons que nous avons un excellent système de santé. Il est garanti à tous d'y avoir accès très rapidement. Les files d'attente omniprésentes en Angleterre, par exemple, pour traiter des problèmes médicaux aigus et pour les nombreuses interventions électives sont quasiment inexistantes chez nous. Nous manquons de plus en plus de médecins de premier recours, particulièrement en dehors des centres et notamment en pédiatrie. Concernant la plupart des interventions, nous ignorons ceci: la réelle nécessité d'une intervention est liée au mot-clé "qualité". Une partie considérable des interventions n'est absolument pas nécessaire. On le voit déjà au fait que certains groupes sont typiquement plus souvent opérés que d'autres. Il s'agit, d'une part, des personnes bénéficiant d'une assurance complémentaire et, d'autre part, des personnes peu formées. Avant de subir une intervention, nous ne connaissons généralement pas la qualité de l'institution qui la dispense. Avant d'acheter une voiture, nous disposons de plus de données comparatives qu'avant de subir une opération. Il en va pourtant, dans le meilleur des cas, de la qualité de vie future et, dans le pire des cas, de la vie ou de la mort.
Concernant cet élément, les maîtres mots sont la qualité des résultats et le nombre minimal de cas. Il devrait être évident pour tout le monde que celui qui a le plus d'expérience, donc aussi plus de routine, a tendance à travailler de manière plus sûre et à détecter beaucoup mieux les anomalies dans les tissus et les organes que celui qui doit réfléchir à ce qu'il doit faire. La Confédération peut sans aucun doute proposer aux cantons, dans le cadre d'un plan d'action, des mesures pour mieux garantir la qualité et la rendre plus transparente, afin de permettre aux patients de décider en toute connaissance de cause où ils souhaitent ou non subir une intervention. Cela permettra aussi que les brebis galeuses parmi les fournisseurs de prestations soient mises sous pression et, si cela est possible, qu'elles ne puissent plus facturer à charge de l'assurance obligatoire des soins.
La population a besoin de preuves claires sur la qualité des interventions médicales avant de décider de s'y soumettre éventuellement. Il ne suffit pas de déclarer constamment que notre système est excellent. Seule la Confédération peut nous faire progresser dans ce processus. L'expérience montre que ce ne sont pas les cantons qui nous permettront d'avancer sur de tels sujets.
C'est pourquoi je vous recommande de soutenir ma motion.