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Gapany Johanna · Ständerat · 2024-09-12

Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2024-09-12

Wortprotokoll

On parle d'une décision du Conseil national que la minorité - une large minorité - de la commission vous propose de soutenir. On parle d'un outil très concret, qui renforce la place de la Suisse à l'international de manière relativement simple et sans grands moyens. Quand une entreprise, un groupe de chercheurs s'adresse au Parc suisse d'innovation pour s'installer en Suisse,[NB]la[NB]réactivité[NB]est[NB]déterminante. Je précise peut-être que je m'engage en faveur de l'innovation au sein de Switzerland Innovation en tant que vice-présidente du Conseil de fondation.

Cette amélioration apportée par le Conseil national est un outil de promotion économique à l'échelle nationale, parce qu'il n'existe pas un site dans chaque canton, et parce qu'il y a une certaine complémentarité des compétences entre les différents sites. Les surfaces dont on parle sont équipées et prêtes à accueillir des entreprises en tout temps. Ce sont des surfaces techniques, donc avec une certaine spécificité, exploitées par des entreprises qui changent notre quotidien avec des innovations de rupture, ce qui exige une certaine infrastructure. C'est cette infrastructure qui peut être mise à disposition par le Parc suisse d'innovation. S'il faut avoir des surfaces libres, c'est parce que la réactivité fait toute la différence, fait qu'une entreprise viendra ou non. Celles et ceux qui se sont engagés, qui s'engagent aujourd'hui ou qui l'ont été auparavant, dans l'implantation et l'émergence de nouvelles entreprises savent à quel point la réactivité, au moment de la prise de contact, est décisive pour le succès de l'implantation. C'est encore plus le cas aujourd'hui avec une concurrence internationale toujours plus forte et une politique d'aménagement du territoire qui donne de moins en moins de marge de manoeuvre.

Je vous donne un exemple. Un entrepreneur prend contact avec le Parc suisse d'innovation. Cet entrepreneur est actif dans l'aérospatiale, par exemple, c'est d'actualité. Il cherche à s'implanter en Suisse pour profiter de l'environnement innovant, se rapprocher des partenaires économiques et des autres chercheurs qui sont en Suisse. Le parc suisse lui recommandera Dübendorf par exemple, parce que c'est un parc spécialisé dans le domaine, qui a déjà des entreprises actives et compétentes dans l'aérospatiale. Il proposerait un autre site pour une autre compétence, mais cela n'a rien à voir avec le canton; cela a à voir avec la compétence. Le choix du lieu en fonction de la compétence confirme l'intérêt national de garantir des surfaces de réserve dans chaque parc d'innovation.

En tout, dans notre pays, il y a 6 parcs d'innovation et 16 antennes dans les différents cantons, ce qui permet de recouvrir l'ensemble du territoire et d'avoir une innovation de pointe dans tout le pays. Le but bien sûr est de spécialiser chaque parc et pas d'avoir une innovation bas de gamme ou moyen de gamme dans toute la Suisse, mais d'avoir vraiment une innovation de pointe dans notre pays. La présence[NB]dans[NB]toutes[NB]les[NB]régions et dans toutes les régions linguistiques est aussi ce qui confirme encore une fois l'intérêt national.

Il y a deux aspects dans ce changement: l'aspect légal, que l'on traite maintenant, et l'aspect du montant. D'un point de vue légal, cette association est une initiative nationale. C'est un travail d'équipe entre la Confédération, les cantons et le privé. La Confédération a créé les conditions juridiques pour créer ce Parc suisse d'innovation et elle a conclu des contrats avec les différents sites. Dans ces contrats, le Conseil fédéral attend des sites qu'ils prévoient des places de réserve, pour accueillir de nouvelles entreprises.

La proposition du Conseil national a une certaine logique par rapport à ce qui a été voulu à l'époque dans le cadre de cette initiative, mais aussi par rapport à ce qui est souhaité par le Conseil fédéral. Il y a en effet une certaine pertinence à avoir des surfaces de réserve équipées pour accueillir ces entreprises. Maintenant, le fait de préciser que la Confédération a la possibilité de contribuer aux coûts imputables aux surfaces de plancher exploitables relève finalement de notre choix. C'est une impulsion que l'on donne pour dire que ces surfaces ont du sens; c'est un investissement finalement assez modeste, mais qui permet de gagner du terrain face à la concurrence internationale.

Alors, à l'heure où les surfaces équipées risquent de manquer pour les nouvelles entreprises, à l'heure de la réforme de la fiscalité, avec l'imposition minimale qui nous fait craindre aussi pour notre attractivité économique, à l'heure où la participation des chercheuses et des chercheurs au programme Horizon n'est pas stable et où notre relation avec l'Union européenne se trouve au milieu d'un immense chantier, notre choix est, finalement, de nous donner les moyens d'améliorer notre attractivité économique, d'améliorer notre attractivité vis-à-vis des chercheurs et des entreprises de l'étranger qui viennent ici créer des emplois et de la valeur ajoutée.

J'ajoute un dernier point: la Suisse est cette nation qui culmine à la tête des classements en matière d'innovation. Mais rien n'est acquis: chaque outil, chaque pièce, est déterminante pour garantir un environnement d'innovation dans notre pays. Nos prédécesseurs l'ont fait, ils l'ont bien fait. On doit continuer le travail. Alors oui, si l'on veut apparaître au niveau international comme une nation innovante qui est capable d'accueillir des entreprises, les surfaces de réserve sont, ma foi, une nécessité. C'est un outil qui exige peu de moyens - on parle ici de 9 millions de francs sur 4 ans -, un outil qui produit beaucoup d'effets - des emplois, des recettes fiscales, des produits suisses, des[NB]innovations[NB]qui[NB]nous[NB]rendent[NB]fiers. Je vous propose de continuer à construire cet environnement favorable à l'innovation, d'adhérer à la décision du Conseil national et de soutenir la proposition de la minorité - une large minorité - de la commission.