Marty Dick · Ständerat · 2000-03-09
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-03-09
Wortprotokoll
Le rapport de la Délégation parlementaire auprès du Conseil de l'Europe met cette année aussi l'accent sur les aspects politiques essentiels à la base de l'activité du Conseil de l'Europe, activité que l'on peut diviser en quatre volets principaux: premièrement, la démocratie et les droits de l'homme; deuxièmement, la cohésion sociale; troisièmement, la sécurité des citoyens; quatrièmement, les valeurs démocratiques et la diversité culturelle.
Ces thèmes fondamentaux qui ont dominé, une fois encore, l'activité du Conseil de l'Europe au cours de l'année dernière, illustrent bien à quel point notre pays est concerné et interpellé par ce qui se passe à Strasbourg. On constate en effet qu'à côté d'un processus d'intégration économique et politique, il y a aussi une Europe des valeurs, une Europe qui est en train de croître, avec la volonté de créer une grande Europe sans clivage. Nous pouvons être pour ou contre une intégration européenne, surtout si l'on pense à une intégration politique, mais une chose est néanmoins certaine: malgré de nombreuses difficultés, nonobstant d'importants échecs, le cours de l'histoire paraît être inéluctable, un processus irréversible d'unification est en cours en Europe. Nous n'avons qu'un choix, celui de participer ou de subir cette dynamique. Le Conseil de l'Europe constitue un forum idéal pour notre pays, pour faire part de son expérience assez extraordinaire en matière de démocratie et surtout en matière de démocratie directe, de fédéralisme respectueux des minorités et de coexistence entre cultures différentes.
Les députés élus des 41 pays européens membres du Conseil de l'Europe se rencontrent à Strasbourg, discutent, échangent leurs expériences et expriment leurs attentes et leurs espoirs. Si nous voulons faire passer le message qui nous tient à coeur, celui d'une Europe plus démocratique, d'une Europe moins bureaucratique, d'une Europe authentiquement fédéraliste, nous pouvons et nous devons nous engager au Conseil de l'Europe.
Les aspirations qui sont les nôtres sont en réalité partagées par d'autres pays et par d'innombrables hommes et femmes, partout en Europe. Nous pouvons, et nous devons défendre ainsi qu'affirmer nos intérêts et nos valeurs, non pas en nous repliant sur nous-mêmes, mais en étant présents et en participant activement, partout où les idées peuvent circuler et où des alliances sont susceptibles de se former. Je crois pouvoir affirmer que les membres de votre délégation auprès du Conseil de l'Europe ont agi, et agissent, ont travaillé et travaillent dans ce sens avec beaucoup d'engagement.
J'ai cependant l'impression que ces efforts sont parfois le fait d'individualités, et n'expriment, hélas, pas toujours et pas vraiment le sentiment de l'ensemble du Parlement, de [PAGE 73] l'ensemble du Gouvernement, de la presse et de l'opinion publique de notre pays, qui me semblent finalement assez indifférents, ou pour le moins pas très intéressés par ce qui se passe à Strasbourg. C'est fort dommage car, comme je vous l'ai dit, le Conseil de l'Europe pourrait être l'enceinte la plus favorable pour faire passer un message fort et efficace en faveur des idées qui nous sont les plus chères en matière de démocratie, de fédéralisme, de respect des minorités et des droits de l'homme. Aujourd'hui, il y a un certain risque de confusion entre les différentes institutions présentes sur la scène internationale, et européenne en particulier. Il faut souhaiter que le Conseil de l'Europe conserve le rôle qui est le sien, c'est-à-dire celui de "conscience de l'Europe", pour reprendre une expression du président de la Hongrie dans le discours qu'il nous a adressé lors de la séance de l'Assemblée fédérale du 10 mars 1999, consacrée au cinquantième anniversaire du Conseil de l'Europe. La Suisse a un intérêt primordial au maintien d'un Conseil de l'Europe fort et dynamique. Son affaiblissement ne ferait que renforcer d'autres institutions, en particulier l'Union européenne, une Europe avec laquelle, vous le savez bien, nous avons quelques problèmes qui ne sont pas encore résolus.
Voilà quelques réflexions quant à l'activité de la délégation de notre Parlement à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.