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Andrey Gerhard · Nationalrat · 2024-09-18

Andrey Gerhard · Nationalrat · Freiburg · Grüne Fraktion · 2024-09-18

Wortprotokoll

Le traitement du message sur l'armée de cette année nous amène au point culminant d'un débat public qui dure depuis des mois et qui était parfois grotesque, car il s'est fondé sur la prétendue absence d'alternative à la montée en puissance de l'armée. Depuis le début de ce débat, le groupe des Verts critique la position de la droite et du Conseil fédéral, en particulier du DDPS, avec sa perspective beaucoup trop étroite, uniquement axée sur le réarmement de l'armée.

Dans le jargon militaire, la comparaison avec les assurances est souvent utilisée. Notre collègue Patrick Hässig vient également de la faire. L'armée en serait une. Comme pour les autres assurances, on espère ne jamais en avoir besoin. Mais - oui - il peut être utile d'en avoir une. Nous pouvons suivre cette logique jusqu'ici. Or, vous n'établissez non plus pas votre budget autour de vos frais d'assurance immobilière et ne faites pas de cette police le point d'ancrage de votre stratégie de logement à long terme. C'est un élément parmi d'autres. Si vous vous focalisez trop sur cet élément, vous risquez de perdre la perspective d'ensemble.

C'est pourtant ce qui se passe en Suisse depuis le début de la terrible guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine. L'exigence d'un armement maximal est politisée comme s'il n'y avait que ce moyen pour nous assurer la sécurité. Tous les autres domaines devraient faire l'objet d'économies massives et l'on devrait donner les moyens de la coopération internationale à cet effet. C'est stratégiquement très imprudent.

En tant que petit pays neutre qui - soyons honnêtes - ne pourrait jamais se défendre seul contre un agresseur de grande taille, des relations extérieures impeccables et des institutions internationales fortes sont justement le meilleur garant d'une sécurité accrue. Le groupe des Verts est fermement convaincu que chaque franc d'argent public investi permet d'obtenir plus de sécurité s'il est investi dans le renforcement de la communauté internationale, la promotion de la paix et la gestion des conflits plutôt que dans l'achat de matériel de guerre. Pour conclure avec l'analogie des assurances, l'assurance contre les dommages naturels ne vous sera d'aucune utilité si vous ne disposez pas de ressources, de la main-d'oeuvre qualifiée ou d'un environnement intact, afin de réparer les dégâts.

Mais venons-en au message sur l'armée 2024 et commençons par le côté positif. Pour la première fois, le Conseil fédéral nous présente un message fondé sur les capacités de l'armée. C'est un progrès, car ces capacités sont enfin au centre du débat; loin des simples chiffres et des listes d'appareils. Mais cela reste de vagues déclarations d'intentions qui ne sont guère mesurables. Bien que la situation de la menace n'ait pas changé selon les estimations de la Confédération, des milliards de francs sont investis dans des systèmes anachroniques. En revanche, les cybermenaces, la désinformation, les pandémies ou le changement climatique ne retiennent guère l'attention. Sous sa forme actuelle, le message sur l'armée est unilatéral et à courte vue. Il ne prend pas suffisamment au sérieux les véritables défis de notre époque.

Le groupe des Verts est le dernier bastion opposé à ce réarmement et à cette militarisation massive. Nous nous engageons afin que la sécurité de la Suisse ne soit pas uniquement assurée par des chars et des fusils, mais par une politique globale qui met également l'accent sur la prévention des crises, la diplomatie et la coopération internationale. Nous développerons bien sûr notre position en détail dans chaque bloc.