preparatory:AB 349045
Poggia Mauro · Ständerat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-12-10
Wortprotokoll
J'aimerais d'abord rectifier une indication que j'ai donnée tout à l'heure: évidemment, Camp David, c'était en 1978, entre Sadate et Begin; Oslo, c'était en 1993, et c'est là qu'est intervenu Arafat avec Rabin pour expliquer que la vision que l'on peut avoir sur des intervenants terroristes peut changer avec le temps. La libération de Damas, comme on la qualifie aujourd'hui, est le fait d'une personne qui était qualifiée de terroriste - comme l'a très justement dit M. Sommaruga - il y a quelques semaines à peine, et qui est aujourd'hui considérée comme un libérateur. L'avenir nous dira si cette personne restera ce qu'elle est considérée être aujourd'hui ou pas, mais on se rend bien compte que lorsque l'on veut avoir un rôle international de bons offices comme la Suisse, il faut éviter de désigner les bons et les méchants à un moment donné. L'histoire est un film dans lequel les rôles changent, et il s'agit évidemment de condamner des actes, mais pas de donner des qualifications qui vont précisément nous empêcher d'aller vers ce à quoi aspire l'ensemble de l'humanité: davantage de paix entre les populations. Si nous fermons ces portes-là, la Suisse n'aura plus son rôle à jouer.
Je vais donc m'abstenir comme je l'ai fait tout à l'heure. J'ai pris note de l'information de M. le conseiller fédéral sur le fait que les organisations humanitaires continuent de pouvoir agir et ne sont pas soumises aux interdictions dont nous discutons aujourd'hui. Toutefois, je pense qu'il faut éviter d'avoir, dans cette Assemblée fédérale, 246 ministres des affaires étrangères et ministres de la justice, il faut que chacun joue son rôle. Nous sommes un parlement; laissons le gouvernement, à un moment donné, gouverner et prendre les décisions qui s'imposent dans l'intérêt de la Suisse, et évitons de nous lier les poings et les pieds pour l'avenir de nos relations internationales.