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Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2025-03-04

Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2025-03-04

Wortprotokoll

Nous traitons les divergences avec le Conseil des Etats. Le point de tension se situe à l'article 16 alinéa 7 lettre b. Il s'agit des 20 millions de francs pour la presse associative et la presse des fondations. Pour comprendre l'enjeu, je prendrai trois exemples qui l'illustrent concrètement et qui sont témoins de l'importance du tissu associatif et de la nécessité de son rayonnement, notamment à travers ses journaux. D'abord, le journal agricole "Agri", que vous connaissez certainement, est tiré chaque semaine à 10[NB]000 exemplaires. C'est une publication spécialisée qui traite de sujets liés à l'agriculture, à l'agronomie, à l'élevage, à la foresterie ou encore aux industries agroalimentaires. Il couvre les tendances du marché, les innovations technologiques, les politiques agricoles, les réglementations et les pratiques actuelles.

Le deuxième exemple est le magazine de Pro Velo suisse. Je déclare d'ailleurs mes liens d'intérêts: je suis présidente de Pro Velo suisse. Ce journal est tiré à 45[NB]000 exemplaires plusieurs fois par an. Il aborde le thème du vélo sous différentes facettes, celles de la vie quotidienne, de la vie politique, de l'économie, du sport, de la culture du vélo, de témoignages ou encore de récits de voyage.

Le troisième exemple est celui du journal de l'Avivo, tiré à 10[NB]000 exemplaires chaque mois. Il aborde des thématiques liées aux ainés, aux retraites, à la prévoyance sociale et aux droits des seniors. C'est un média d'information, et de sensibilisation aussi, traitant des actualités politiques, économiques et sociales qui concernent les retraités et les personnes âgées.

Vous allez me dire que ces trois journaux n'ont pas grand-chose en commun, pas même d'éventuels lecteurs et lectrices. Ils ont ceci de commun, et ce n'est pas un point de détail: ces journaux, issus du tissu associatif, ne se contentent pas d'informer un lectorat spécifique, ils irriguent l'ensemble du paysage médiatique. Les sujets qu'ils abordent trouvent un écho dans de nombreux médias généralistes, permettant ainsi aux préoccupations actuelles des professions et des secteurs associatifs d'alimenter le débat public. C'est un des éléments salutaires de notre démocratie. C'est sur ce lieu précis, je dirais même ce lieu délicat du débat, que la très courte majorité de la commission a décidé de taper. Si, tout à l'heure, vous ne suivez pas la minorité Candinas Martin pour le maintien des 20 millions d'aide à la presse associative et à la presse des fondations, vous contribuez à priver le débat démocratique de voix essentielles.

Ces journaux traversent une période critique: entre l'érosion des revenus publicitaires ou les difficultés d'adaptation au monde numérique, leur équilibre financier est fortement fragilisé. Ce n'est absolument pas le moment de leur donner un coup fatal. Au contraire, nous vivons une période de transition et il est nécessaire d'accompagner au mieux ces associations.

Le rabais postal pour la presse associative et des fondations va bien au-delà d'un soutien financier. Il préserve des rédactions engagées et une information de qualité à un tarif abordable. Le remettre en cause menacerait l'accès à une information précise, à une information essentielle.

Je vous remercie dès lors d'accepter la minorité Candinas Martin et de rejeter la minorité Rutz Gregor, qui vise à réduire le soutien à la presse régionale et locale, et la minorité Schilliger, qui vise à réduire le soutien dans la distribution matinale. Il s'agit d'autant d'obstacles à nos débats démocratiques.