Nicolet Jacques · Nationalrat · 2025-03-11
Nicolet Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-03-11
Wortprotokoll
Le but de l'initiative populaire "pour une Suisse qui s'engage" - ou initiative service citoyen - est que toutes les personnes de nationalité suisse accomplissent un service au bénéfice de la collectivité et de l'environnement. Cet engagement citoyen serait à accomplir sous forme de service militaire, par exemple, ou de service de milice équivalent reconnu par la loi. Si je peux reconnaître l'intérêt d'encourager la responsabilité individuelle et collective des citoyens et des citoyennes suisses pour le bien de la société, je reste sceptique sur le résultat sur le terrain de la portée de cette initiative. Dans notre pays, l'engagement milicien fait partie de notre ADN. Lorsque vous êtes élu de votre commune au parlement cantonal ou au Parlement fédéral, vous l'êtes comme milicien. Lorsque vous vous engagez comme sapeur-pompier, à la protection civile ou à l'armée, vous le faites comme milicien.
Or, l'ensemble de ces activités miliciennes sont confrontées aujourd'hui à des difficultés de recrutement. Les raisons sont diverses: manque de temps, manque de motivation, mauvaise perception du système d'engagement milicien, individualisme, et j'en passe. Dès lors, ajouter une filière supplémentaire à l'engagement milicien conduirait à diluer encore plus le potentiel de citoyens engagés, cela au détriment notamment de l'armée et de la protection civile, institutions essentielles à la protection de notre population et à la défense de notre pays. Le nouveau service citoyen éprouverait sérieusement l'armée et la protection civile de leurs effectifs. Avec un grand nombre de personnes astreintes au nouveau service citoyen, sans pour autant accomplir cette obligation au sein de l'armée ou de la protection civile, nous risquons de créer une distorsion de concurrence entre les engagements miliciens qui sont essentiels à la sécurité de notre pays et à la protection de la population, et d'autres engagements citoyens certes louables, mais moins essentiels.
Ce nouveau service citoyen aurait pour conséquence un développement important du nombre de jours de service et de domaines d'engagement, avec d'importantes conséquences sur le marché du travail. Pour les régions transfrontalières, l'attrait d'engager du personnel frontalier, donc non astreint, serait encore renforcé au détriment des employés indigènes. L'introduction d'une obligation d'un service citoyen n'est pas adéquate du point de vue économique. Il nécessiterait deux fois plus de personnes du monde économique sans que les activités répondent directement à un besoin de sécurité avéré.
C'est pour toutes ces raisons que je vous demande de recommander le refus de cette initiative, qui risque de mettre à mort notre système de milice tant salué et envié par bien d'autres nations.