Tuosto Brenda · Nationalrat · 2025-03-18
Tuosto Brenda · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-03-18
Wortprotokoll
Qui doit payer pour la transition écologique et réparer les dégâts liés au dérèglement climatique? Voilà une question essentielle qui engage notre avenir commun. L'initiative pour l'avenir apporte une réponse claire: cela ne doit pas être la majorité de la population qui assume déjà le poids des charges incompressibles, mais bien celles et ceux qui ont le plus bénéficié du système à l'origine de cette crise, les grandes fortunes de notre pays. Pourquoi? Parce qu'en Suisse, l'impact climatique des personnes appartenant au 1 pour cent des plus riches est le suivant: elles émettent 15 à 20 fois plus de CO2 que les 50 pour cent les plus pauvres. Les émissions liées au luxe d'un milliardaire en Suisse sont 300 fois supérieures aux émissions moyennes d'une Suissesse ou d'un Suisse au revenu moyen.
Les opposants à cette initiative estiment qu'il est juste que les personnes aux revenus modestes, déjà lourdement affectées par les factures énergétiques, les loyers, les assurances obligatoires, les frais de transport, mais aussi le coût de la vie en général, contribuent autant à la réparation des dégâts environnementaux que les grandes fortunes helvétiques. Une personne gagnant le salaire minimum, contrainte de prendre sa voiture économe, faute de transports publics attractifs et adaptés, et vivant dans un logement modeste n'a ni le même impact environnemental ni les mêmes choix qu'un millionnaire. Ce dernier, en plus d'investir dans les énergies fossiles, habite une villa surdimensionnée, qui consomme une quantité importante de ressources, et multiplie les modes de transport polluants. Il est donc essentiel de reconnaître que toutes et tous ne contribuent pas également au dérèglement climatique et que les efforts pour réduire les émissions doivent être proportionnels aux responsabilités de chacune et chacun. C'est donc aux pouvoirs publics de s'assurer que celles et ceux qui polluent le plus contribuent le plus à la transition écologique.
Naître riche ou naître pauvre n'est pas un choix, mais une condition imposée par le hasard de la naissance. Cette initiative réduirait l'inégalité des chances et répartirait le poids de l'héritage d'une manière plus sociale et équitable. Un impôt de 50 pour cent sur la part des héritages dépassant 50 millions de francs permettrait de mieux faire respecter le principe du pollueur-payeur tout en préservant les PME. L'argent ainsi récolté permettrait de prendre des mesures concrètes pour améliorer les conditions de vie et lutter contre les pollutions qui dégradent les milieux naturels et aussi la santé publique. La mise en oeuvre de l'initiative rapporterait environ 6 milliards de francs par an à la Suisse, de quoi corriger et améliorer de manière significative et concrète d'immenses lacunes dans l'atteinte des objectifs de neutralité carbone.
L'initiative pour l'avenir est un choix de justice sociale et climatique. Il est juste que celles et ceux qui ont le plus profité du système participent davantage à la transition écologique en contribuant à réparer l'impact de leur mode de vie plus énergivore que celui des familles modestes. Notre bien le plus précieux, ce qui nous relie toutes et tous, c'est l'avenir. Il ne doit pas être un luxe confisqué par une minorité privilégiée, mais un droit accessible à l'ensemble de la société.