Vara Céline · Ständerat · 2025-03-18
Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2025-03-18
Wortprotokoll
S'il y a une certitude aujourd'hui, c'est que les conséquences de l'exposition croissante des enfants aux réseaux sociaux et aux messageries électroniques doivent nous inquiéter. Il n'est plus question de savoir si ces outils influencent leur santé mentale, mais bien de mesurer l'ampleur de cette influence et d'envisager les régulations nécessaires pour garantir leur bien-être. Ma préoccupation est grande quand je vois à quel point la santé psychique des enfants, des adolescents et des jeunes adultes est malmenée. En 2021 est sortie une étude mandatée par l'Unicef avec le soutien de Z Zurich Foundation et de Zurich Suisse, réalisée par des chercheurs d'Unisanté. Elle visait à identifier les facteurs de risque et de protection pour la santé mentale des jeunes en Suisse et au Liechtenstein; 1097 enfants âgés de 14 à 19 ans y ont participé. Le résultat doit nous alarmer. Un tiers des 14 à 19 ans en Suisse et au Liechtenstein connaissent des problèmes psychiques; 37 pour cent des jeunes interrogés ont déclaré connaître des problèmes de santé mentale; 17 pour cent des jeunes présentant des symptômes de troubles de l'anxiété et/ou de dépression ont tenté de se suicider; 8 pour cent de l'ensemble des répondants ont déclaré avoir tenté de se suicider.
Le lien avec l'accès aux réseaux sociaux et aux contenus problématiques est connu. La Suisse est en retard. D'autres pays ont déjà réagi suite aux différents constats documentés et publiés. En effet, selon l'Organisation mondiale de la santé et une enquête menée par HBSC, plus d'un adolescent et d'une adolescente sur dix présentent des signes de dépendance aux réseaux sociaux, luttant pour contrôler leur utilisation et subissant des conséquences graves. Les filles sont davantage touchées par une utilisation problématique des médias sociaux que les garçons. Un tiers des jeunes sont en contact permanent avec leurs amis en ligne. Quant aux jeux numériques, 12 pour cent des adolescents et adolescentes risquent de développer un comportement problématique - une tendance qui touche davantage les garçons cette fois-ci.
Dans un contexte marqué par des crises multiples - changements climatiques, instabilité économique et politique, conséquences de la pandémie -, les réseaux sociaux exacerbent un sentiment de stress et d'anxiété. La difficulté à déconnecter, l'isolement social et les troubles du sommeil ne sont que quelques exemples des effets que nous observons. Il est donc primordial de mettre en place une régulation adaptée à la réalité numérique d'aujourd'hui.
Avec ce postulat, je demande au Conseil fédéral qu'il étudie plusieurs pistes d'action. Il s'agit d'identifier les mesures les plus efficaces pour protéger les jeunes. L'interdiction partielle ou totale de l'accès à certaines plateformes pour certaines catégories d'âge ou dans des contextes précis, comme le milieu scolaire, pourrait être une option. Certes, nous devons aussi tenir compte des aspects positifs des réseaux sociaux. Ils permettent par exemple de créer un lien, d'échanger des idées, de mobiliser pour des causes importantes. Cependant, lorsque leur usage devient excessif, ils perturbent le développement et altèrent l'équilibre psychologique. Le volume de consommation de ces médias joue un rôle clé. Une exposition trop importante se traduit par des habitudes alimentaires déséquilibrées, un manque d'activité physique et des problèmes de concentration. Enfin, nous devons nous appuyer sur la science pour guider nos décisions. Certaines études relativisent le lien direct entre l'utilisation des réseaux sociaux et la dégradation de la santé mentale, mais pointent un effet aggravant chez les jeunes déjà vulnérables. Si les réseaux sociaux ne sont pas la cause unique des problèmes de santé mentale de nos jeunes, ils amplifient des facteurs de risque existants, comme la solitude ou la pression sociale.
Nous avons la responsabilité de protéger nos enfants. Il nous revient de leur garantir un environnement aussi sécurisé que possible et qui favorise leur développement personnel et leur santé mentale. C'est pourquoi je remercie infiniment le Conseil fédéral pour son soutien au postulat.