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Page Pierre-André · Nationalrat · 2025-06-18

Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-06-18

Wortprotokoll

Il y a aujourd'hui toute une série de vérités que nous connaissons bien. La situation géopolitique du monde bouge à une vitesse quasi supersonique et, heure après heure, la situation économique de nos sociétés industrielles joue au yo-yo. Ces différentes interpellations nous le prouvent. Mais nous devons garder les pieds sur terre. Nous devons saisir toute occasion, toute fenêtre et toute porte ouverte pour agir. Oui, agir, car hésiter maintenant, ce serait faire preuve de négligence.

Mais de quoi s'agit-il donc ? Il en va tout simplement d'un mandat de négociation avec les États-Unis d'Amérique, un mandat qui va nous permettre maintenant et rapidement de parler d'égal à égal avec les États-Unis et de poursuivre ainsi sur le chemin du succès que notre économie suisse connaît avec les États-Unis. Car c'est là encore une vérité : nos relations économiques se portent bien. Pour la Suisse, les États-Unis sont aujourd'hui, après l'Union européenne, notre deuxième marché d'exportation, avec une moyenne annuelle de 62 milliards de francs de biens et de services exportés de l'autre côté de l'Atlantique. Parmi ces exportations, on trouve de nombreux produits clés comme des médicaments, des montres, des machines, des métaux précieux et autres, sans parler, bien sûr, du Gruyère. Mais ces échanges ne se font pas à sens unique. Les États-Unis sont un investisseur non négligeable dans notre pays. De notre côté, n'oublions pas que nos entreprises suisses donnent de l'emploi aux États-Unis, avec quelque 400[NB]000 places de travail en moyenne bien rémunérées.

Mais voilà que tout à coup, sur la courbe du yo-yo économique, la Suisse se trouve menacée, et sérieusement menacée. Ce printemps, l'administration américaine a décidé d'imposer des droits de douane forfaitaires de 10 pour cent sur les exportations suisses, soit 10 pour cent en plus des droits de douane normaux. De plus, le président des États-Unis l'a lui-même annoncé, des droits de douane spécifiques pour la Suisse sont prévus à hauteur de 31 pour cent, un pourcentage qui nous met dans une situation défavorable par rapport à l'Union européenne, par exemple, qui, elle, est taxée à 20 pour cent, ou par rapport au Royaume-Uni, qui est taxé à 10 pour cent. Vous en conviendrez avec moi, c'est une situation plutôt inconfortable. Alors, certes, ces taxes douanières sont momentanément suspendues pour une durée de 90 jours. Mais ce délai de trois mois court et avance rapidement. Nous devons agir maintenant pour notre économie, pour nos entreprises, pour nos places de travail et pour nos investisseurs. Alors, que faire ? Les États-Unis attendent une réaction concrète de notre part. Il en va de notre rôle de partenaire économique fiable et indépendant. Mais attention, il ne s'agit pas maintenant de la signature d'un accord de libre-échange classique. Nous devons disposer d'un mandat de négociation qui nous permettra d'agir d'égal à égal avec les États-Unis. Nous devons saisir l'occasion de cette trêve de 90 jours pour négocier, dans un cadre bilatéral, une amélioration de notre accès au marché américain. Ce mandat de négociation avec les États-Unis ne doit nullement impacter négativement notre souveraineté en matière de politique étrangère et de politique économique.

Je vous invite vivement à soutenir ce mandat de négociation pour conforter la position mise en place par nos négociateurs avec des partenaires économiques crédibles et fiables et pour garantir à notre économie la poursuite du succès qu'elle a créé, depuis de nombreuses années, patiemment et avec compétence.