Chollet Clarence · Nationalrat · 2025-06-19
Chollet Clarence · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2025-06-19
Wortprotokoll
Nous débattons aujourd'hui d'une initiative essentielle pour l'avenir de notre pays, pour notre jeunesse et pour la planète. L'initiative "pour un fonds climat" vise à doter la Suisse des moyens nécessaires pour enfin respecter ses engagements en matière de politique climatique et s'adapter aux nouvelles réalités climatiques. Le dérèglement climatique n'est plus une menace abstraite. Il est là, visible, mesurable et parfois violent. Il frappe nos forêts avec des sécheresses extrêmes, accélère la fonte de nos glaciers, il provoque des épisodes météorologiques extrêmes et accélère le rythme des catastrophes naturelles. Il met déjà en péril notre biodiversité, notre agriculture, notre santé et nos infrastructures. Une chose est certaine : si nous continuons de refuser d'agir, le coût de l'inaction sera bien plus important que celui de l'action.
Le Conseil fédéral lui-même annonce dans son rapport "Stratégie climatique à long terme de la Suisse" que les coûts liés aux dommages climatiques pourraient atteindre 4 pour cent du PIB du pays par an d'ici 2050. Cela représente des dizaines de milliards de francs, année après année, si nous n'agissons pas. À l'inverse, le coût estimé des mesures nécessaires pour respecter l'accord de Paris est largement inférieur à celui des dégâts évités. Agir, ce n'est pas une dépense[NB]: c'est un investissement. Concrètement, l'initiative "pour un fonds climat" vise à allouer entre 0,5 et 1 pour cent du PIB pour agir dans de nombreux domaines.
J'aimerais m'arrêter sur celui de l'énergie ; domaine où la Suisse est particulièrement en retard. En 2022, seuls 8 pour cent de notre consommation finale d'énergie provenait des nouvelles énergies renouvelables, alors que la moyenne de l'Union européenne dépasse les 20 pour cent. Le fonds climat permettrait de renverser cette tendance peu flatteuse en soutenant deux axes majeurs de la transition. D'abord, l'efficacité énergétique : cela signifie mieux isoler nos bâtiments et réduire le gaspillage d'énergie, soit réduire notre consommation sans perdre en qualité. Le potentiel est énorme, avec 30 pour cent de réduction de notre consommation d'énergie selon la stratégie énergétique 2050. L'énergie qui n'est pas consommée ne coûte rien, mais la Confédération doit investir pour informer la population sur cette thématique, subventionner les projets et soutenir le déploiement des nouvelles technologies dites intelligentes.
Ensuite, le développement des énergies renouvelables : il s'agit de produire localement, proprement, grâce au solaire, à l'éolien, à la géothermie et à la biomasse. Toutes ces énergies peinent à atteindre leur potentiel maximum, ou même à émerger. On a installé 8 gigawatts de solaire, mais il en faudrait 50, et on a largement le potentiel d'y arriver. L'éolien, lui, représente à peine 0,3 pour cent de notre production électrique, alors que la Confédération vise 7 pour cent[NB]du[NB]mix[NB]électrique d'ici 2050. C'est une occasion de créer de l'emploi dans toute la Suisse, de renforcer notre autonomie énergétique et de sortir progressivement de notre dépendance aux énergies fossiles. Ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité.
Pour atteindre nos objectifs, il nous manque aujourd'hui les moyens, les impulsions fortes, les financements à la hauteur de l'urgence. Le fonds climat vient combler cette lacune. Il offre aussi une chance économique, celle de soutenir l'innovation, de renforcer les PME suisses dans les domaines clés de l'énergie et de la construction, de créer des emplois durables. Et c'est une mesure de justice sociale et générationnelle : nous devons garantir aux jeunes, d'aujourd'hui et de demain, le droit fondamental à un climat sain.
Ce que coûte l'action est clair, mais ce que coûte l'inaction l'est plus encore. Ne rien faire ou continuer à agir au compte-gouttes, c'est accepter des catastrophes plus fréquentes, des coûts humains et matériels plus lourds et un avenir plus incertain. Aujourd'hui, nous avons la possibilité de changer cela. Ne ratons pas cette opportunité ! Soutenons cette initiative, donnons à la Suisse les moyens d'agir et assumons enfin nos responsabilités.