Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2003-09-16
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2003-09-16
Wortprotokoll
Monsieur Schlüer, je vais être claire. Le Conseil fédéral est d'avis que le droit de veto appartient à une époque révolue, celle de la guerre froide, et que son usage devrait être restreint au maximum. Il juge par contre illusoire d'exiger l'abolition complète de ce droit, du moins dans l'immédiat. Il faudrait pour cela obtenir l'accord des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Or, et surtout dans le contexte actuel, ces derniers ne sont pas prêts à renoncer à son usage.
L'essentiel aujourd'hui est d'assurer que les réformes déjà entreprises soient poursuivies et approfondies pour que le Conseil de sécurité puisse pleinement assumer sa responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationale. Nous entendons pour cela insister sur la limitation de l'usage du droit de veto à des cas extrêmes. Une autre priorité est l'élargissement du Conseil de sécurité pour qu'il devienne davantage représentatif de l'ensemble de la communauté internationale. La poursuite des améliorations déjà apportées dans les méthodes de travail du Conseil de sécurité est un troisième axe de réflexion important à propos duquel auquel la Suisse s'efforcera d'apporter des propositions concrètes.
Notamment à cause de la crise irakienne, la réforme de l'ONU sera l'un des thèmes prioritaires de la 58e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Kofi Annan s'est engagé personnellement dans ce débat en soulignant avec force l'absolue nécessité de réformer l'ensemble du système des Nations Unies, et la Suisse participera activement à ce débat.