Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2003-09-16
Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2003-09-16
Wortprotokoll
La pauvreté au niveau mondial, la famine et la mortalité infantile - pour ne nommer que ces scandales résultant de l'inégalité du développement sur notre planète - doivent être combattues. La Suisse en tête du peloton des pays les plus riches du monde, n'a tout simplement pas le droit de se désengager du domaine de la coopération et de l'aide au développement. La distribution inégale des ressources s'est accentuée durant les dernières décennies. L'écart des revenus entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres est actuellement de vingt à un. Il y a trente ans, cet écart n'était que - si on peut dire - de treize à un. La Suisse ne peut pas se soustraire à ses responsabilités au sein de la communauté internationale.
La recommandation de l'ONU de consacrer 0,7 pour cent du PIB à l'aide au développement n'est toujours pas à l'ordre du jour dans notre pays. La majorité politique de notre pays trouve régulièrement mille excuses pour ne pas entrer en matière. L'objectif de consacrer dès l'année 2010 au moins 0,4 pour cent du PIB suisse à l'aide au développement s'éloigne également dangereusement si ce Parlement suit l'esprit d'épicier et de pingrerie de certains groupes politiques, de certaines femmes et hommes politiques de notre Parlement. Que penser des propos qu'on entend de parlementaires qui affirment que des coupes dans le budget de la coopération peuvent s'opérer sans conséquences sur la situation conjoncturelle en Suisse? Si cette affirmation était vraie, il s'agirait d'un cynisme inouï et d'un désintéressement total face à la gravité de la situation que la majorité de la population mondiale vit. Mais nous savons aussi que cette affirmation est fausse! Et les oeuvres d'entraide nous le rappellent régulièrement. L'engagement de la Suisse dans les pays du Sud, en particulier, crée également des plus-values et des emplois chez nous.
La Suisse doit contribuer, comme l'OMC l'exprime par ailleurs dans le préambule de ses accords, à viser l'augmentation du standard de vie, la réalisation du plein emploi, la protection et la conservation de l'environnement. L'OMC insiste par ailleurs également pour que les pays membres assument pleinement leurs responsabilités et utilisent les possibilités dont ils disposent pour lutter contre la pauvreté.
L'engagement de la Suisse est insuffisant. Il ne correspond pas à sa capacité financière. Avant tout, il ne correspond pas à notre devoir moral de contribuer d'une manière beaucoup plus déterminée à un développement durable et plus juste du monde. Mettons l'esprit d'épicier et de pingrerie au [PAGE 1305] placard et assumons nos responsabilités en tant que citoyens du monde.
Le groupe écologiste vous invite à soutenir le projet du Conseil fédéral et, évidemment, à rejeter les propositions de minorité I (Schlüer) et de minorité II (Fischer).