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AB 365555

Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2025-12-04

Wortprotokoll

La politique implique une attitude cohérente, raisonnable et responsable. Si cela est possible, elle implique également d'écouter l'autre lorsqu'il s'exprime. C'est exactement l'attitude que nous devons avoir face à ce budget. Face aux finances publiques, nous devons avoir une attitude raisonnable et responsable, parce que c'est ce que nous devons faire à l'égard de notre population.

Dans ce cadre, la Suisse a la chance d'avoir un instrument que beaucoup nous envient ou devraient nous envier[NB]: ce fameux frein à l'endettement qui nous a permis, dans les dernières décennies, de maîtriser nos finances publiques, de préserver notre capacité d'investir et de préserver notre capacité de réagir en cas de situation de crise. Ces dernières années, on a vu qu'il y en a eu beaucoup et des très fortes. La Suisse, grâce à des finances publiques saines et maîtrisées, a pu réagir comme il le fallait quand il le fallait, sans se surendetter. Le contraste est extrêmement frappant avec d'autres pays qui se trouvent dans une situation bien différente. Ils ont également réagi, mais se sont surendettés et se trouvent aujourd'hui dans une situation extrêmement problématique par rapport à leur financement public, par rapport au poids de la dette et par rapport à leurs politiques publiques, notamment en matière de fiscalité.

Il est vrai qu'il n'y a pas une volonté de notre part - je l'ai déjà dit précédemment dans une question - de rechercher de nouvelles recettes. Parce que c'est une manière un peu diplomatique de dire, comme on l'a entendu dire à gauche, précédemment, par une représentante du groupe socialiste, que la majorité de ce Parlement, en tout cas le groupe libéral-radical, ne souhaite pas créer de nouveaux impôts. Non, nous ne le souhaitons pas. Nous ne souhaitons non plus pas augmenter ceux qui existent.

Pourquoi cela[NB]? Parce que nous voulons préserver à la fois la capacité d'agir et d'achat de notre population, qui est déjà fortement sous pression, et parce que nous souhaitons préserver la capacité de concurrence et la capacité économique de notre pays, qui est aussi fortement sous pression sur le plan international. Notre pays doit rester un pays attractif sur le plan économique, tout simplement pour préserver le pouvoir d'achat et la qualité de vie des Suissesses et des Suisses et donc, également, la possibilité pour des entreprises de s'y implanter, de s'y créer, de s'y développer et d'y développer des emplois, tout simplement. C'est de cela qu'il s'agit à la fin.

Le coeur du débat n'est pas ce budget 2026, qui est une conséquence de décisions que nous avons notamment déjà prises l'année passée et qui est équilibré dans l'ensemble. Le coeur du débat porte principalement sur ce qui nous occupera en mars et qui occupe déjà le Conseil des États pendant cette session, à savoir le programme d'allègement budgétaire 2027 qui doit nous inciter à faire des choix, des choix raisonnables et des choix responsables, et de faire se rapprocher la croissance des dépenses et celle des recettes.

Contrairement à ce que nous avons déjà entendu maintes fois à cette tribune ce matin et entendu du côté des représentants de la gauche dans les débats au Conseil des États, il n'y a pas une diminution des dépenses. Il y aura, si on le décide - et j'espère qu'on le décidera, le frein à l'endettement nous y oblige -, un ralentissement de l'accroissement des dépenses, qui aujourd'hui est prévu de manière plus rapide que l'accroissement des recettes[NB]; accroissement des recettes qui est par ailleurs massif, puisqu'entre 2024 et 2029 nous passerons de 83 milliards à - ce qui est prévu - 95 milliards de francs. Il y aura donc plus de recettes. Il n'y a donc pas besoin d'aller en chercher des nouvelles ou de créer de nouveaux impôts[NB]: il y aura plus de recettes. Cependant, la croissance prévue des dépenses est plus élevée que cela. Il faut donc que les deux courbes se rapprochent pour que notre pays ne tombe pas dans la situation d'endettement que connaissent de nombreux autres pays européens et qui est un poids sur les épaules de leurs propres populations.

On avait l'air d'entendre précédemment une représentante du groupe socialiste se plaindre du fait que ce budget est équilibré. C'est une chance pour notre pays et pour sa population. Il ne faut surtout pas entrer dans la spirale de l'endettement. En tout cas, notre groupe ne le souhaite pas. Ce que doit nous inviter à faire le débat budgétaire et le débat sur les mesures d'allègement, c'est de fixer correctement les priorités, de redéfinir les priorités. Car, oui, malheureusement, nous ne vivons plus dans un monde de paix. Il y a des dangers très importants pour la sécurité de ce continent, qui se sont accrus de manière massive depuis 2022 avec l'agression complète de l'Ukraine par la Fédération de Russie.

Les risques doivent être analysés correctement par nos autorités politiques, c'est-à-dire par notre Parlement. Il faut réinvestir dans la défense nationale. Pourquoi cela[NB]? Parce que c'est la seule branche - précédemment, on a eu cet échange, Madame Fehlmann Rielle, et vous allez peut-être me poser une question tout à l'heure sur ce sujet -, c'est le seul [PAGE 2028] domaine de la Confédération qui, ces 30 dernières années, a effectivement baissé en termes nets et de pourcentage.

C'est un risque que nous ne pouvons pas prendre, parce que c'est une des tâches majeures de notre Parlement que d'assurer la sécurité de la population. Vous me permettrez de dire, à titre personnel, que j'étais à Kiev il y a à peu près un mois, dans le cadre de mes fonctions parlementaires. J'y ai passé une nuit dans un abri, et une nuit seulement, mais la population de ce pays vit cela toutes les nuits, parce qu'il y a une agression militaire toutes les nuits qui frappe la population civile de manière complètement illégale sur le plan du droit international. Voilà le type de choix auquel nous sommes confrontés et nous serons confrontés. Il faudra être raisonnable et responsable[NB]; il faut l'être aussi dans ce budget.

Ce budget est équilibré. Il est raisonnable et il est responsable. J'invite tous les groupes à repenser leur position, parce que nous avons entendu plusieurs groupes dire qu'ils s'opposeront pour des raisons de détail à ce budget. Ce budget, nous le devons à la population suisse, et cela est raisonnable et responsable. Nous soutiendrons par ailleurs le supplément II au budget qui est également basé sur de bonnes décisions.