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Maillard Pierre-Yves · Ständerat · 2025-12-09

Maillard Pierre-Yves · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-09

Wortprotokoll

Je vous invite à accepter cette motion dans la version modifiée par la commission.

J'aimerais faire une remarque sur les interventions de MM.[NB]Würth et Burkart. On fait comme si on était dans un marché. Au fond, le message qui est donné par MM.[NB]Würth et Burkart revient à dire que cette entreprise doit au minimum couvrir ses coûts, qu'elle doit être indépendante économiquement. On n'est pas dans un paysage complètement ouvert et libre de toute influence politique. Nous avons une Constitution qui prévoit, après l'adoption de l'initiative des Alpes, des objectifs en matière de transfert du transport routier vers le rail, notamment justement sur l'axe nord-sud et à travers les Alpes. Nous avons bel et bien le souverain qui a donné des objectifs à ce secteur. Pour atteindre ces objectifs, il faut bien que le Conseil fédéral et le Parlement concrétisent cette stratégie. On n'est pas dans un domaine simplement ouvert au marché, d'autant plus que l'autre offre de transport, qui passe par la route, par les routes nationales, est elle-même aussi subventionnée. Sans subvention publique, il n'y a pas de transport routier, n'est-ce pas[NB]? Nous avons bel et bien ici affaire à une politique publique, et il n'est pas anormal que, si cette politique publique est modifiée, le Parlement puisse la surveiller, et qu'avant qu'on définisse une nouvelle stratégie on essaie au moins d'éviter de refaire des erreurs qu'on a faites par le passé.

Il faut savoir que ces terminaux ont suscité des investissements publics et, maintenant, on nous dit que ce n'était pas la bonne stratégie. Alors, quand une entreprise a déjà fait des erreurs stratégiques, on peut au moins lui demander, avant d'en choisir une nouvelle, qu'elle prenne le plus grand soin possible, qu'elle consulte le Conseil fédéral, le Parlement et si possible aussi ses salariés. Je suis allé à Bellinzone, je suis allé au Tessin écouter les salariés qui étaient en colère contre cette décision. Ce n'est jamais bon signe quand les salariés, qui font le travail tous les jours, ne comprennent pas la stratégie de l'entreprise. C'est rarement un bon signe, parce que ceux qui font le travail tous les jours sont quand même souvent assez avisés et assez intelligents pour savoir s'ils font du travail utile ou du travail inutile. C'est la raison pour laquelle cette motion qui vise, au fond, à mener une réflexion plus approfondie avant de prendre des décisions irréversibles me paraît être à saluer. On n'est pas ici dans un marché complètement libre, il y a une politique publique qu'on doit accompagner.