Bendahan Samuel · Nationalrat · 2025-12-19
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-19
Wortprotokoll
Celles et ceux qui pensent que c'est avec la haine, le rejet de l'autre, la critique, le mal qu'on va combattre les véritables problèmes que la population a dans ce pays se trompent systématiquement. C'est le contraire qui a fait le succès de notre pays et maintenant, le moment est venu de dire que si nous voulons pouvoir continuer main dans la main, nous devons le faire avec, pour nous, les bonnes mesures.
Chers amis, la Suisse n'est pas connue pour son industrie des problèmes, pour ses entreprises capables de produire des difficultés, pour sa population qui aime nous torpiller l'avenir. Mais c'est ce que cette initiative ferait. Je vous assure que, dans la situation actuelle du monde, avec la prise de contrôle par les oligarques et les dictateurs, avec les guerres, avec les troubles économiques, avec la crise du pouvoir d'achat, la dernière chose que ce Parlement doit faire, c'est dire[NB]: "On a une bonne idée, on va rajouter un énorme problème pour les 10 prochaines années". Or, c'est ce que ce texte fait.
Chers amis, on ne parle pas seulement d'un avenir à 40 ans. Si nous acceptons ce texte maintenant, dans quelques années, le mécanisme des 9,5 millions d'habitants se déclenche. Dans quelques années, on ouvre la voie à la résiliation des accords bilatéraux. Dans quelques années, nous créons un nouveau gouffre de problèmes qui va accentuer tout ce qui est déjà difficile pour les gens de notre pays.
Et pourquoi[NB]? Pourquoi[NB]? Je ne comprends jamais pourquoi nous décidons d'être durs avec nos partenaires les plus fiables et de nous mettre à plat ventre devant les dictateurs et les personnes qui traitent la Suisse le plus mal.
L'Union européenne, c'est plus de la moitié de nos exportations. Notre économie est archidépendante de nos voisins. Bien sûr qu'ils ne sont pas parfaits, mais ce sont des partenaires de discussion raisonnables. Sacrifier cela et mettre en danger tout ce travail et toutes ces exportations, pourquoi[NB]? Pour rester quand même en danger avec les États-Unis et les autres pays, cela n'a aucun sens.
Le coût de cette initiative est extrême. Deux études ont montré, par exemple, que le PIB serait inférieur de près de 5 pour cent si nous résilions ces accords bilatéraux - 5 pour cent[NB]! C'est 44 milliards de francs par année de perdus. Aucune mesure dont nous discutons ici ne coûte 44 milliards à la population de ce pays. Aucune. Nous aurions des délocalisations, des entreprises qui iraient ailleurs pour pouvoir accéder au marché. Nous perdrions les accès au marché. D'ici 2045, on aurait une telle perte du pouvoir d'achat qu'elle représenterait une baisse de salaire de 2500 francs par personne, d'après ces études-là. La perte de PIB équivaudrait, pour une famille avec deux enfants, à 200[NB]000 francs cumulés jusqu'en 2045. C'est cela, le prix que vous voulez faire payer aux Suisses et aux Suissesses, juste pour dire que vous n'aimez pas l'immigration[NB]? Juste pour dire que vous avez peur de l'autre, alors qu'il nous aide à construire nos hôpitaux, à construire nos routes, à soigner nos gens[NB]?
J'aimerais vous dire que cette initiative ne va pas permettre d'engager une seule infirmière, de trouver une seule solution aux problèmes que nous avons, de créer une route, un logement, rien[NB]! Aujourd'hui, il manque 15[NB]000 personnes dans le domaine de la santé. Qui va soigner nos personnes âgées[NB]? Qui va s'occuper d'elles dans les EMS[NB]? Qui s'occupera de vous dans les hôpitaux[NB]? Alors, si vous êtes milliardaire, vous n'avez aucun souci à vous faire, mais, la politique, se fait pour toutes les autres personnes.
Aujourd'hui, l'immigration que nous avons respire à l'aune des intérêts de la population, de nos besoins. Aujourd'hui, vous voulez couper cela à la population et lui dire[NB]: "Tant pis, tant pis pour le commun des mortels[NB]; s'il doit se soigner, il n'y aura plus personne[NB]; si des hôpitaux doivent fermer, ce n'est pas grave parce que certaines personnes pourront toujours se permettre de payer".
Eh bien non, nous arrivons avant les fêtes, et je vous dirai une chose[NB]: si nous continuons à faire de la politique juste avec la haine et la peur, jamais nous ne parviendrons à créer de la confiance pour nos institutions. Et comme M.[NB]Dettling, j'en viens à ma fin - en tout cas celle de mon discours[NB]: aujourd'hui, avec un peu d'espoir et avant les fêtes de Noël, on peut se dire que ce qui fait la Suisse, c'est son optimisme, sa capacité à créer et notre capacité à travailler ensemble et avec les autres. En l'honneur de cela et des magnifiques fêtes que nous voyons arriver, votons "non" à ce texte et réjouissons-nous de cette campagne, parce que j'en suis aussi convaincu, le peuple défendra ses intérêts, et nous gagnerons.