Maillard Pierre-Yves · Ständerat · 2026-03-02
Maillard Pierre-Yves · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-03-02
Wortprotokoll
Les salariés - vous savez peut-être que j'ai l'honneur de présider l'Union syndicale suisse, je décline ainsi mes liens d'intérêts - ont une position analogue à celle déjà développée par MM.[NB]Rieder et Regazzi. Du côté de ceux qui sont organisés dans le syndicat Unia par exemple, le souhait est que l'on en reste au statu quo, c'est-à-dire que l'on continue de considérer que le pourboire est complémentaire[NB]: c'est un don, un geste libre du client, qui exprime une reconnaissance, mais on ne doit pas compter sur le pourboire pour pouvoir payer ses factures à la fin du mois, car c'est le salaire qui compte.
Les propos évoqués par Beat Rieder dans son introduction, à savoir le fait qu'on intègre clairement le service dans le salaire et qu'ainsi les gens puissent compter sur un revenu régulier fixe chaque mois, ont été considérés comme un progrès. Nous voulons que les salaires de la convention collective de travail soient suffisants pour vivre et que les gens n'aient pas à espérer des pourboires pour pouvoir payer leur loyer. C'est évidemment une position très forte chez les salariés. Le statu quo signifie garder la pratique actuelle normalement effectuée par les autorités de protection sociale, et qui réserve des situations dans lesquelles la part du pourboire est vraiment très importante, ce qui permettrait de traiter les choses autrement.
Je signale que je vais donc adopter cette motion, même si elle semble être un peu plus - disons - radicale que la pratique actuelle ou qu'elle semble vouloir aller plus loin que la pratique actuelle. Pour la suite des travaux, je pense que nous pourrons effectivement effectuer certains réglages et essayer de prévenir certains abus. Je pense qu'il est donc possible de le faire avec le texte de la motion qui vous est proposée.
J'ajoute que dans le souci de soutenir cette branche, qui a des conditions de travail difficiles et évolue dans un environnement économique difficile, j'ai aussi à plusieurs reprises soutenu le taux de TVA réduit, même si parfois ce traitement particulier provoque le débat. C'est aussi la position des salariés[NB]: que l'on soutienne cette branche et qu'on lui donne sa chance, parce qu'elle offre de nombreuses places de travail et est très importante pour notre société.
J'aimerais en profiter pour dire ici que nous aimerions que l'organisation patronale Gastrosuisse fasse aussi un geste à l'égard des salariés et qu'elle mette un terme à la petite guerre qui a été enclenchée contre les salaires minimaux dans certains cantons. Je crois que ce serait l'occasion de le faire sur un sujet qui a matériellement assez peu d'importance pour la branche, parce que les différences ne sont plus si énormes. J'aimerais que, au cours de cette session, on puisse trouver un compromis qui permette aux salariés de se sentir compris[NB]; ce serait vraiment important. Dans le cadre de la Commission de l'économie et des redevances, nous avons traité le sujet des salaires minimaux cantonaux et communaux. Nous sommes passés tout près d'une solution de compromis. Il reste une divergence, pour laquelle il y a encore des difficultés à trouver la bonne solution. J'espère que vous nous aiderez à trouver cette solution au conseil, pour que les salariés se sentent aussi reconnus dans leur droit à toucher un salaire suffisant pour vivre quand ils travaillent dans cette branche difficile.