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Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2026-03-03

Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-03-03

Wortprotokoll

Derrière le programme dit "d'allègement budgétaire 2027-2029" se cache en réalité une politique d'austérité, qui a pour prétexte de prétendues économies essentielles. Certes, le Conseil des États a un peu limité les dégâts en réduisant plusieurs coupes, parfois de moitié, mais, malheureusement, pas dans tous les secteurs. De nombreux domaines essentiels sont touchés au nom d'un mot d'ordre simpliste[NB]: tout le monde doit faire des sacrifices. Sont concernés les écoles polytechniques fédérales, les hautes écoles cantonales, la coopération internationale, les transports publics, les contributions aux cantons pour la politique d'intégration et bien d'autres encore. Ces coupes obéissent à une logique aveugle, sans vision d'ensemble et sans stratégie. Par exemple, est-il sérieux de mettre en place des stratégies de prévention et de soutien aux victimes de violences domestiques et, en même temps, de supprimer la formation pour les professionnels qui sont censés appliquer ces mesures[NB]? Poser la question, c'est y répondre[NB]: non, c'est une aberration[NB]!

Le Conseil fédéral et la majorité de droite justifient ce programme au nom du frein à l'endettement, répétant comme un mantra que les dépenses publiques seraient excessives. Or, les faits sont têtus[NB]: les dépenses de la Confédération représentent environ 11 pour cent du PIB, et ce niveau est stable depuis une quinzaine d'années. Le groupe socialiste dénonce depuis longtemps une application dogmatique du frein à l'endettement qui nous prive d'investissements indispensables dans l'éducation, la santé, la protection du climat, les transports publics et la cohésion sociale. Rappelons également que le taux d'endettement de la Suisse, qui se situe autour de 17 pour cent du PIB, est l'un des plus bas des pays de l'OCDE.

On nous répète qu'il ne faut pas laisser de dettes aux générations futures. Or, qui a chiffré le coût de l'inaction[NB]? Ne pas investir dans les énergies renouvelables, dans la formation ou dans la sécurité sociale fera peser un fardeau bien plus lourd sur les générations futures. La politique d'austérité n'est jamais neutre[NB]; sous couvert d'économies prétendument indispensables, en agitant des scénarios alarmistes qui ne se vérifient pas, elle fragilise l'État social et affaiblit les services publics. Pendant ce temps, une grande partie de la population subit la hausse constante des primes d'assurance-maladie et la hausse des coûts des loyers, tout cela sans une augmentation de salaire, bien sûr. Ce programme d'allègement ne résoudra aucun de ces problèmes. En période d'incertitude et de crise, la réponse ne peut pas être moins d'État, mais doit consister en des investissements publics ciblés et responsables. Plutôt que de démanteler, cherchons de nouvelles recettes et mettons en place une politique fiscale plus équitable, afin de réduire le fossé qui se creuse entre les ultrariches et les personnes aux revenus modestes.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à refuser d'entrer en matière sur ce programme.