Beck Serge · Nationalrat · 2003-09-30
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2003-09-30
Wortprotokoll
Les libéraux l'ont dit à réitérées reprises à cette tribune, ils considèrent la coopération au développement comme un investissement. Il est en effet productif et dans l'intérêt général de la communauté planétaire, y compris pour notre peuple et pour nos concitoyens, de réduire la pauvreté et la misère dans le monde, d'améliorer l'alimentation, la santé et l'éducation de l'ensemble des peuples.
Les flux migratoires sont-ils autre chose que des appels à l'aide en provenance de pays qui sont fort éloignés de notre niveau de vie et des différents standards que l'on peut considérer comme minimum dans les domaines de la santé et de l'alimentation en particulier? Je crois que nous avons à prendre du recul par rapport à la situation actuelle et à prendre conscience de l'effet de levier qu'auraient les montants qui sont engagés ici pour la prise en charge de requérants d'asile s'ils étaient engagés là-bas, dans leurs pays d'origine. Et sans doute ces effets de levier seraient-ils de l'ordre de 1 à 5 ou à 10, voire même plus, chaque somme investie sur place ayant un effet d'entraînement à la croissance de chacun de ces pays qui nous appellent à l'aide de par les flux migratoires. Il est difficilement compréhensible que ceux qui, à réitérées reprises, dénoncent toujours les dépenses qui sont faites dans le domaine de l'asile, ne soient pas simultanément ceux qui soutiennent le développement de la coopération au développement, car il n'y a pas de meilleure méthode pour soutenir le développement de l'économie et donc le développement de standards minimums de niveau de vie dans les pays d'où proviennent les flux migratoires qui nous inondent.
Mais il convient aussi d'interpeller le Conseil fédéral et le Parlement pour savoir ce que nous avons fait de nos promesses d'antan. Au début des années nonante déjà, le Conseil fédéral affirmait sa ferme volonté d'atteindre le niveau minimum - ou médian, c'est selon comme on le considère - fixé par l'Organisation des Nations Unies pour l'engagement d'une part du produit national brut de 0,4 pour cent en faveur de la coopération au développement. Que sont devenues nos promesses du début des années nonante? Eh bien, lorsque nous sommes arrivés à la fin de cette décennie, le Conseil fédéral a réajusté le tir, si l'on peut dire, et promis que ce serait en l'an 2010 que nous atteindrions enfin ce 0,4 pour cent du produit national brut alloué à la politique de coopération au développement. Et l'on a même pu lire - j'ai déjà interpellé M. Villiger, conseiller fédéral, dans d'autres débats - entre les lignes que ce serait dans la décennie suivante, c'est-à-dire 2011-2020, peut-être! que l'on atteindrait enfin ce niveau minimum d'engagement en faveur de l'aide au développement. Cela n'est pas acceptable! Cela n'est pas acceptable de la part d'un pays qui reste parmi les plus privilégiés au monde, qui connaît les standards de niveau de vie les plus élevés. Nous avons donc à faire un effort dans ce domaine et nous n'avons pas à suivre le Conseil fédéral.
Le Conseil fédéral vous dira peut-être tout à l'heure que les libéraux exagèrent, que la minorité exagère en fixant ses objectifs, qu'elle va trop loin, qu'elle est irréaliste. Qu'est-ce qui est irréaliste? De suivre le Conseil fédéral et la majorité de la commission en vidant de sa substance le terme de 2010 pour atteindre l'objectif précédemment fixé? Car, Monsieur le Conseiller fédéral, ce qui est irréaliste, c'est de suivre la proposition d'économie du gouvernement en ayant à l'esprit qu'à partir de 2007, nous devrons voir croître chaque année de 7,8 pour cent les montants accordés à la coopération au développement pour atteindre enfin, en 2010, ce 0,4 pour cent. Vous voyez donc que l'irréalisme n'est pas toujours du côté que l'on croit.
C'est la raison pour laquelle je vous invite à suivre ma proposition de minorité à l'article 4a alinéa 1er chiffre 4 et à marquer la volonté d'effort de notre pays en faveur de l'investissement que représente la coopération au développement.