Cornu Jean-Claude · Ständerat · 2000-03-21
Cornu Jean-Claude · Ständerat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-03-21
Wortprotokoll
Pour l'essentiel, les arguments que je souhaitais évoquer l'ont déjà été par ceux qui ont préopiné, MM. Büttiker et Wicki. Je crois qu'à situation exceptionnelle, il faut une solution et des mesures exceptionnelles. Ce ne serait pas faire affront à la volonté populaire ni à la politique des transports que d'autoriser, pendant une certaine période, l'utilisation de véhicules de 40 tonnes, d'autant plus qu'il nous faut quand même être conscients que, dans la pratique, dans la réalité, ces 40 tonnes circulent déjà. J'ai ici une série d'autorisations qui émanent de cantons différents - Vaud, Neuchâtel, Berne - qui autorisent à leur manière la circulation des 40 tonnes pour régler le problème du transport du bois. Je pense qu'il ne faut pas perdre de vue non plus, qu'on le veuille ou non, que le marché des transports forestiers n'est pas dimensionné pour faire face à l'afflux massif d'autant de mètres cubes de bois. Il est donc nécessaire de trouver d'autres solutions.
Dans ma région, il y aura quatre fois plus de transports que les années ordinaires, et des transports qui doivent intervenir de manière beaucoup plus rapide que d'ordinaire. Quand on sait que cette situation se multiplie en Suisse, je crois qu'on a vite compris la nécessité de trouver d'autres solutions. Les CFF ont déjà pris des mesures, mais seulement, dans la pratique, il s'avère que celles-ci ne sont pas suffisantes. Même si on a loué des wagons autrichiens pour faire face à la demande, ces wagons ne sont pas en nombre suffisant, et ils ne sont souvent pas adaptés au transport des bois longs. Les mesures de transport par rail ne permettront donc pas de répondre à la situation.
Finalement, si une solution s'impose au niveau fédéral, c'est pour éviter un traitement différencié entre les cantons. Sous cet angle-là, la proposition de la majorité de la commission me semble être bien meilleure, beaucoup plus pertinente, puisqu'elle évitera que, dans l'application des conditions que prévoit le Conseil fédéral, on en vienne à avoir une application différenciée selon tel ou tel canton.
Pour prendre un exemple concret, dans la région du Saanenland par exemple, les personnes qui font du transport de bois doivent traverser souvent quatre cantons pour arriver à destination: le canton de Berne; ensuite le canton de Fribourg, et on s'arrête parfois dans des scieries fribourgeoises; mais c'est vrai que souvent et traditionnellement on continue jusqu'au Bas-Valais. Cela signifie qu'on va encore transporter le bois à travers les cantons de Vaud et du Valais pour arriver à destination, c'est-à-dire à la scierie. Vous imaginez que si on veut mettre en place la solution fédérale qui consiste, à chaque fois que c'est possible, à utiliser le rail, ce n'est plus du tout rationnel tant au niveau de l'exploitation qu'au niveau des coûts.
Je propose donc que, par rapport à cette situation difficile, on soutienne la proposition de la majorité de notre commission.