Crottaz Brigitte · Nationalrat · 2026-04-28
Crottaz Brigitte · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-04-28
Wortprotokoll
Souvenons-nous de l'année 2020, durant laquelle notre pays s'était arrêté et durant laquelle les hôpitaux étaient sous tension et le personnel soignant en première ligne, au prix de sa propre santé. Souvenons-nous aussi des applaudissements que nous leur adressions chaque soir. Pourtant, l'initiative pour des soins infirmiers forts n'est pas née du COVID-19. Elle a été lancée en 2016, face au constat de la pénurie croissante de personnel soignant, et largement acceptée par la population et la majorité des cantons en 2021. Le vote est limpide[NB]: il faut former davantage, mais aussi et surtout améliorer les conditions de travail.
Quatre ans plus tard, où en sommes-nous[NB]? La pénurie persiste. D'ici 2029, il manquera des dizaines de milliers d'infirmières et infirmiers dans notre pays. Surtout, trop d'entre eux quittent prématurément leur métier, épuisés par des conditions de travail souvent incompatibles avec une vie familiale. Face à cela, le Conseil fédéral a proposé un projet qui va dans la bonne direction[NB]: meilleure planification du travail, réduction du temps hebdomadaire, compensation des horaires contraignants et perspectives de développement.
Toutefois, que fait la majorité de notre commission[NB]? Elle détricote ces avancées, une à une. Le projet est largement affaibli. Il maintient des semaines de 50 heures, réduit les compensations, flexibilise encore davantage des conditions déjà intenables. Ensuite, on s'étonne que les gens quittent la profession. On ne peut pas se réclamer de la volonté populaire et vider de sa substance une loi censée la mettre en oeuvre. On ne peut pas non plus parler d'autonomie de la[NB]Suisse[NB]et[NB]maintenir[NB]notre dépendance au personnel étranger. Surtout, on ne peut pas continuer à faire reposer notre système de santé sur l'épuisement de celles et ceux qui le font vivre.
Entrer en matière aujourd'hui est donc indispensable, mais, dans les discussions qui vont suivre, il conviendra de corriger ce projet et revenir à l'ambition initiale, celle du Conseil fédéral et celle du peuple. Entrer en matière, c'est reconnaître une évidence[NB]: notre système de santé repose sur des femmes et des hommes qui méritent des conditions de travail à la hauteur de leur engagement.
Par respect pour eux, je vous invite donc à entrer en matière, puis à donner un contenu cohérent à cette loi en refusant les affaiblissements proposés par la majorité de la commission.