Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2026-04-29
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-04-29
Wortprotokoll
Au-delà de ses aspects sanitaires, la crise du COVID a été une crise de gouvernance et, surtout, une crise des libertés. Durant deux longues années, la population suisse a été gravement atteinte dans ses droits fondamentaux, dans une mesure parfois jamais vue. Pensons aux atteintes à la liberté de culte, mais également aux mesures de coercition telles que l'obligation vaccinale, le pass sanitaire ou encore le port du masque, notamment à l'école, le confinement, l'interdiction des contacts, la fermeture des écoles et même des églises, entre autres restrictions.
Cette période sombre de l'histoire de nos libertés a laissé des traces considérables[NB]: société fracturée, familles divisées, entreprises ruinées, licenciements abusifs, criminalisation des citoyens réfractaires à la vaccination, troubles psychiques et j'en passe. Une part non négligeable de la population, même si elle a toujours été minoritaire dans les diverses votations populaires auxquelles cette crise a donné lieu, a perdu ou risque de perdre confiance en l'État et en la démocratie.
En septembre 2024, lorsque j'ai déposé cette motion, je ne croyais pas si bien dire. Je ne pouvais pas savoir que, cinq ans après avoir utilisé un faux certificat COVID, après avoir déjà payé sa faute par une lourde condamnation pénale, nous serions capables, dans ce pays, de limoger Patrick Fischer, l'entraîneur emblématique de notre équipe nationale de hockey sur glace, et ce, à quelques jours des Championnats du monde, que nous organisons en plus chez nous. Cela pour quelque chose que presque tout le monde savait. Cette décision indigne a immédiatement rouvert les blessures mal cicatrisées de cette sombre période, comme l'indiquent les [PAGE 784] débats qu'elle a provoqués et un sondage qui montre que moins de la moitié des Suisses la soutiennent.
Lorsque j'ai déposé cette motion, nous ne pouvions pas non plus savoir, même si nous étions nombreux à nous en douter, ce que nous avons appris maintenant, que les contrats, honteux, conclus avec les fabricants de ce soi-disant vaccin révèlent que des fabricants s'en sont mis plein les poches, sur notre dos, à des conditions incroyables.
Alors, non, nous n'avons rien oublié. Les Suisses n'ont rien oublié. Le moment est donc venu, pour rétablir une forme de paix sociale, de passer l'éponge au moyen d'une amnistie générale, soit par l'annulation de toutes les sanctions pénales prononcées en application de la législation COVID-19 et le remboursement des amendes prononcées et des frais de justice encaissés dans ce cadre. D'autres pays comme la Slovaquie ou des États fédéraux aux États-Unis ont déjà emprunté cette voie, qui n'a donc rien de particulièrement extravagant, et ont ainsi fait des expériences positives.
Par cette amnistie très précisément ciblée et justifiée par une situation tout à fait extraordinaire, nous ne créerons aucune inégalité de traitement avec la masse des condamnations prononcées en application du droit pénal ordinaire. L'enjeu n'est évidemment pas de désavouer des juridictions qui, en son temps, ont cru devoir appliquer sans états d'âme, parce qu'on pensait que le système était en jeu, un droit d'exception que nous ne voulons plus revoir. L'enjeu, c'est justement cette paix sociale que le sacrifice de l'entraîneur de la Nati vient encore de mettre à mal. La paix sociale n'a pas de prix. Le moment est venu de la restaurer, définitivement cette fois, par l'amnistie que je propose.