Pahud Yvan · Nationalrat · 2026-04-30
Pahud Yvan · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-04-30
Wortprotokoll
La nationalité suisse, ce n'est pas un simple papier, ce n'est pas une simple formalité et ce n'est certainement pas quelque chose de banal. La nationalité suisse, elle se mérite. Elle se mérite par l'intégration. Elle se mérite par l'apprentissage d'une de nos langues nationales. Elle se mérite par le respect de nos lois, de nos institutions, de nos usages. Elle se mérite aussi par la volonté sincère de participer à la vie de notre pays, de nos cantons et de nos communes. Devenir suisse, ce n'est pas seulement obtenir des droits, c'est aussi accepter des devoirs. C'est faire[NB]le[NB]choix[NB]conscient d'appartenir pleinement à notre communauté nationale. Ce choix a de la valeur parce qu'il est volontaire.
Réduire de manière aussi importante la durée minimale de séjour de dix à cinq ans, tout en supprimant les exigences minimales de séjour aux niveaux cantonal et communal, c'est modifier profondément l'équilibre actuel. Cela ouvrirait la naturalisation à des personnes dont l'ancrage en Suisse est récent ou peu stable. La question est simple[NB]: comment construire une appartenance durable, sans enracinement réel dans notre pays, dans nos cantons, dans nos communes[NB]?
Un autre élément essentiel est l'intégration. La familiarisation avec les conditions de vie en Suisse n'est pas un détail administratif, c'est le coeur même d'une intégration réussie. Comprendre notre fonctionnement, connaître nos règles, saisir nos réalités locales, participer à la vie civique, voilà ce qui permet une adhésion réelle et durable à notre communauté nationale. Affaiblir cette exigence, c'est vider de sa substance l'idée même d'intégration.
Il y a enfin la dimension institutionnelle. Notre système repose sur un équilibre entre la Confédération, les cantons et les communes. Cet équilibre a fait ses preuves, parce que l'intégration se vit d'abord sur le terrain[NB]: dans les communes, dans la vie locale, au contact direct de la population. Écarter largement les cantons et les communes de ce processus reviendrait à affaiblir ce lien concret entre citoyenneté et enracinement local. Je le dis aussi avec l'expérience du terrain. Comme président de la commission municipale chargée des naturalisations de ma commune, je vois des femmes et des hommes accomplir cette démarche avec sérieux, avec respect, avec conviction et avec une immense fierté. Pour eux, devenir suisse n'est pas anodin, c'est un honneur, c'est l'aboutissement d'un parcours, c'est un engagement et cet engagement mérite de conserver tout son sens.
C'est pourquoi je vous invite à recommander le rejet de cette initiative.