Amaudruz Céline · Nationalrat · 2026-06-08
Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-06-08
Wortprotokoll
Le débat qui nous occupe aujourd'hui touche directement à la sécurité de notre pays. En effet, dans son rapport "Catastrophes et situations d'urgence en Suisse 2025", le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports identifie les principales menaces auxquelles la Suisse pourrait être confrontée. Parmi elles figurent non seulement les pandémies, mais aussi les pénuries d'électricité de longue durée. Sans électricité, plus rien ne fonctionne[NB]: les transports, les télécommunications, les systèmes de paiement, l'industrie, les services publics et une grande partie de notre économie.
Pour s'en rendre compte, chacune et chacun de nous peut s'arrêter un instant et imaginer la situation dans 48 heures si une pénurie touchait maintenant notre pays. Comment ferions-nous pour appeler nos proches avec des batteries faibles[NB]? Comment pourrions-nous rentrer chez nous sans un seul train en circulation[NB]? Comment pourrions-nous payer nos denrées alimentaires sans accès à un terminal de paiement ou un bancomat[NB]? Et 48 heures de pénurie en juin n'ont pas le même impact que 48 heures de pénurie en janvier.
En clair, garantir l'approvisionnement électrique de la Suisse est donc une question de sécurité nationale. Cette question devient d'autant plus importante que le peuple suisse a accepté en juin 2023 la loi sur le climat. Que l'on ait soutenu ou combattu ce projet, une réalité s'impose désormais[NB]: la Suisse sortira progressivement des énergies fossiles d'ici à 2050. Cette décision démocratique doit être respectée, mais ceux qui ont défendu cette loi ont aussi le devoir d'en assumer les conséquences concrètes.
Une sortie des énergies fossiles sans production électrique supplémentaire n'est pas une stratégie énergétique. C'est une impasse. Or, cette décision populaire implique une conséquence incontournable[NB]: notre consommation d'électricité augmentera forcément. Chaque pompe à chaleur, chaque véhicule électrique et chaque processus industriel électrifié accroît les besoins de notre pays, tout comme l'augmentation de la population. Nous aurons donc besoin de beaucoup plus d'électricité.
La question n'est donc plus de savoir si nous devons produire davantage d'électricité, mais comment. L'UDC soutient le développement des énergies renouvelables lorsque celui-ci est pertinent et raisonnable. Néanmoins, nous devons avoir l'honnêteté de reconnaître que les énergies renouvelables intermittentes ne suffiront pas à garantir l'approvisionnement du pays, notamment en hiver. La Suisse a besoin d'une production pilotable, disponible en permanence et indépendante des conditions météorologiques. C'est précisément ce que fournit l'énergie nucléaire. Aujourd'hui encore, les centrales nucléaires suisses produisent près d'un tiers de notre électricité. Elles le font sans émissions de CO2, avec une fiabilité remarquable et avec une emprise au sol limitée. Pourtant, depuis 2017, notre pays s'impose une interdiction technologique incompréhensible[NB]: nous pouvons exploiter des centrales nucléaires existantes, mais nous nous interdisons d'en construire de nouvelles. Cette contradiction n'a aucun sens.
Le Conseil fédéral a eu le mérite de reconnaître cette réalité. Il appartient désormais au Parlement d'en faire autant. Pendant des années, nous avons cru possible de sortir simultanément du nucléaire et des énergies fossiles sans compromettre notre sécurité d'approvisionnement. Cette idée se heurte aujourd'hui à la réalité. Le contre-projet du Conseil fédéral à l'initiative populaire Stop au blackout apporte une réponse pragmatique en redonnant à notre pays la liberté de recourir à toutes les technologies décarbonées disponibles.
Si nous voulons réussir la transition énergétique souhaitée par le peuple suisse, nous aurons besoin des énergies renouvelables, mais nous aurons aussi besoin du nucléaire. Ces deux sources d'énergie ne s'opposent pas, elles se complètent. L'avenir énergétique de la Suisse ne se construira ni avec des interdictions idéologiques, ni avec des slogans, mais avec du pragmatisme, du réalisme et une vision à long terme.
Afin de convaincre les plus sceptiques parmi vous, permettez-moi de conclure par une observation - un aveu dirons certains, mais je l'assume - qui surprendra peut-être venant d'une représentante de l'UDC. C'est probablement l'exception qui confirme la règle, mais je dois concéder que l'Union européenne fait preuve de davantage de pragmatisme que la Suisse au sujet du nucléaire. Le Parlement européen reconnaît depuis 2022 l'énergie nucléaire comme une énergie contribuant aux objectifs climatiques et lui accorde même son label vert. Je constate ainsi que même l'Union européenne a compris que la neutralité carbone et le nucléaire vont de pair. Il serait temps que la Suisse abandonne à son tour ses blocages et ses interdictions passées.
Pour garantir notre sécurité d'approvisionnement, préserver notre prospérité et donner à la Suisse les moyens d'atteindre ses objectifs climatiques, le groupe UDC vous invite à soutenir le contre-projet du Conseil fédéral à l'initiative populaire Stop au Blackout.