Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2026-06-17
Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-06-17
Wortprotokoll
Le 13 mars 2024, la population suisse a accepté à une large majorité l'introduction d'une 13e rente AVS. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière étape du processus de concrétisation de cette 13e rente, puisque nous devons valider - ou non - un financement pérenne. Notre devoir constitutionnel est de la financer - pas pour cinq ans, pas pour six ans, mais sur le long terme. La question aujourd'hui est simple[NB]: ce Parlement est-il capable de respecter la démocratie directe[NB]? Lors de la conférence de conciliation, le Conseil des États a, encore une fois, fait un pas dans la direction de notre conseil, en proposant de baisser le taux de cotisation salariale de 0,3 pour cent à 0,2 pour cent, soit 0,1 pour cent pour l'employé et 0,1 pour cent pour l'employeur, ce qui représente 5 francs par mois pour un revenu annuel de 60 000 francs.
C'est la troisième fois que le Conseil des États se rapproche de notre conseil afin de faire une proposition de compromis. Je vous rappelle la proposition[NB]: une augmentation de 0,2 pour cent des cotisations salariales, ce qui rapportera 1,1 milliard de francs de recettes supplémentaires, et une augmentation de 0,4 point de la TVA, qui rapportera 1,5 milliard de francs. Ce compromis permettra de maintenir le niveau du fonds AVS au milieu des années 2030 à 90 pour cent. Avec ce financement mixte, nous avons sur la table une solution équilibrée. Toutes les générations, mais aussi toutes les classes de revenus apporteraient ainsi leur contribution de manière équitable. Si nous ne soutenons pas ce modèle, quelle est l'alternative du groupe UDC, du groupe libéral-radical et du groupe vert'libéral[NB]? À force d'honnêteté, le masque est tombé la semaine dernière et encore ce dimanche[NB]: votre alternative, c'est le relèvement de l'âge de la retraite. Mais ouvrez les yeux, le peuple l'a rejetée à 75 pour cent il y a à peine deux ans. Votre solution est dans une impasse démocratique. Par respect pour la population qui a soutenu la 13e rente, nous ne pouvons pas faire capoter ce projet par dogmatisme. Je suis convaincue que certains parlementaires de droite ne souhaitent pas porter la responsabilité de la crise de l'AVS. En politique, parfois, il faut avoir un certain courage pour prendre des décisions qui perdureront, comme nos prédécesseurs l'ont fait en 1948 lors de l'introduction de l'AVS.
Pour un financement équilibré, juste et suffisant, je vous invite vivement à soutenir la proposition de la majorité de la conférence de conciliation.